samedi 9 mai 2015

Les 24H de la nouvelle, édition 2015 : ça débute aujourd'hui !


Dimanche 19h46 : conclusion, ressenti et bilan.


J'ai fini "Trésor de guerre" à 30 minutes de la fin des 24 heures. Juste le temps de relire, de réorganiser mes sous parties pour que les informations arrivent au bon moment, de corriger quelques coquilles... Hélas, pas le temps de passer le texte sous Antidote, j'espère ne pas avoir donné trop de travail à la courageuse équipe d'organisateurs !
Je suis ensuite resté une petite demi-heure sur le chat, à discutailler avec les participants de cette année. La fatigue a vite eu raison de moi et je suis retourné me coucher vers 14h15. Je n'aurais pas pensé dormir pendant trois heures. Je sens que, ce soir, je ne vais pas me coucher tôt !

Au final, je reste quand même sur une sensation mitigée, cette année. Déjà parce qu'une nouvelle de 40K SEC, c'est assez long, surtout pour un événement comme celui-ci. J'aurais préféré faire quelque chose de plus court, comme l'an passé. Mais aussi parce que, malgré la taille déjà conséquente du récit, j'ai l'impression de ne pas avoir exploité à fond toutes les possibilités offertes par mon idée de base. En fait, plus j'y pense, plus je me dis que je peux faire beaucoup plus.

En l'état, il me semble que la nouvelle est lisible. Elle se tient de bout en bout, j'ai veillé à ce que tout coïncide et je pense y être parvenu. C'est dense, mais rythmé. Je n'en resterai pas là. Je vais travailler sur une version plus étoffée et développée, qui devrait donner naissance à une novella ou un roman court. C'est bien la première fois que je me lance sur un projet aussi ambitieux suite à une simple contrainte. Je savais bien que cette histoire de "lieu abandonné" titillerait Muse ! Elle a été puiser dans un stock d'idées inexploitées ou incomplètes, en a pris plusieurs, a posé tout ça sur le bureau en me disant "voilà, tu as de quoi faire !"

J'aime vraiment beaucoup cet événement que sont les 24 heures. C'est toujours vivant, dense et prenant. Pour la seconde année consécutive, j'ai écrit 7000 mots entre samedi après-midi et ce dimanche après-midi. Croyez-moi, c'est beaucoup, l'organisme le ressent. Mais c'est satisfaisant, agréable de voir que je suis capable de le faire. Ça m'incite à penser que mon rythme de croisière quand je suis en mode "roman" - environ 2000 mots par jour - peut largement être augmenté, pourvu que je m'organise un peu. 

Il y a maintenant 78 nouvelles disponibles sur le site des 24 heures. J'imagine que d'autres vont venir s'y ajouter, tout le monde n'ayant pas commencé hier à 14 heures. Une bien belle moisson que j'irai découvrir dans les semaines à venir, je vous encourage à en faire autant.

Je voudrais conclure cet article en remerciant chaleureusement toute l'équipe qui a organisé cette édition. Bien sûr Jérôme Cigut, le papa des 24 heures, mais aussi toutes celles et ceux qui travaillent avec lui pour analyser les propositions de contraintes, relire et corriger les textes reçus avant de les publier sur le site. C'est un sacré travail ! Bravo pour votre courage et votre dévouement.

À l'année prochaine pour la quatrième édition :)


Dimanche 11h57 : fin du premier jet :


Je n'ai pas réussi à la finir dans la nuit, je pense que j'étais trop fatigué pour me concentrer. J'ai donc repris ma nouvelle "Trésor de guerre" ce matin vers 9h30. Je ne pensais pas qu'elle serait aussi longue : 6525 mots au compteur !
J'aime bien mon histoire, même si je la trouve un peu complexe pour une simple nouvelle. Reste que j'ai abrégé quelques descriptions qu'il va falloir étoffer et je n'ai que deux heures devant moi pour y parvenir. Je ne vais donc pas trop m'étendre ici pour le moment.
Je vous en dirai plus après 14h.


Dimanche 00h19 : premier bilan :



À peine avais-je posé quelques lignes ici, pour vous livrer mon état d'esprit, que j'entamais la rédaction de ma nouvelle. Sans plan, bien entendu, on est jardinier ou on ne l'est pas !
L'histoire que je suis en train de raconter s'est bâtie au fil de mon avancée. L'an passé, "Ce Démon de Chat" tenait en 2000 mots. Cette fois ma nouvelle va être plus longue. Je flirte déjà avec les 3000, et je n'ai pas encore fini mon premier jet. Je pense qu'au final, cette nouvelle en fera 5000.

La contrainte du lieu abandonné m'a envoyé dans une direction à laquelle je n'aurais pas pensé initialement. J'avais eu, voici quelques temps, une idée très spéciale, que je ne savais pas comment mettre en scène. C'est maintenant chose faite ;)

J'ai écrit jusque 16h, puis de 18h à 19h. Après une soirée très sympa entre amis, je viens de reprendre le clavier. En dépit de l'heure déjà bien avancée, je n'ai pas vraiment sommeil. Comme souvent quand je suis inspiré, la fatigue ne m'atteint pas. Je n'ai qu'une envie : boucler mon premier jet avant d'aller me coucher. Demain, je sais que j'aurai des rajouts à faire, des descriptions à étoffer, un contexte à mieux poser. J'y verrai bien plus clair si j'ai devant moi une histoire complète déjà écrite.

Je me demande comment s'en sortent les 135 autres participants. Quelles histoires vont-ils écrire, quels secrets vont livrer leu lieu abandonné ? Et apprécierez-vous cette nouvelle qui, comme souvent avec moi, appartient au registre du fantastique ?

Encore 2000 mots. Encore deux heures, si tout va bien. 


14h00 : et le contrainte est :


"L'histoire doit intégrer un lieu abandonné depuis un certain temps. Que ce soit juste une pièce oubliée, un château en ruine, une ancienne station de métro désaffectée ou encore un vieux jardin en friche par exemple."
C'est tout à fait le genre de choses qui me plaît, je peux facilement m'amuser avec ça. J'irai jusqu'à dire que je ne considère pas ça comme une contrainte, en fait, mais comme un cadeau. Voilà qui guide mon choix d'histoire, puisque j'avais plusieurs possibilités en tête.

Je laisse Muse monter en température, elle me souffle déjà les idées, le personnage principal. 

Bonne chance à tous les inscrits de cette troisième édition. 



12h15 : dans les starting blocks.

Si vous venez sur mon blog pour la première fois - bienvenue à vous, installez-vous, mettez-vous à l'aise - vous découvrez peut-être cet article d'un œil intrigué. "C'est quoi , les 24h de la nouvelle ? Il faut écrire pendant 24h d'affilée ?"
Non, en tout cas, pas obligatoirement. Jérôme Cigut, le créateur de cet événement, n'est pas encore passé maître dans l'art de la torture (même s'il vit en Chine, à Hong-Kong pour être précis.)
Le principe est simple : à 13h55, une contrainte sera tirée au sort parmi les 48 qui ont été envoyées. Dès lors, les 136 participants de cette édition - un record, l'an passé nous étions 56 ! - auront 24 heures pour écrire une nouvelle. Tous les registres sont bienvenus. Les seuls points à respecter sont :
1- la contrainte doit être respectée
2- l'auteur doit remettre sa nouvelle 24 heures après le début de l'événement.
3- le récit doit faire au moins 5000 Signes Espaces Compris.




Pas de prix à gagner, pas de classement, aucune compétition sinon avec soi-même. Juste le plaisir d'écrire, de secouer Muse et de partager ce moment intense avec tous les autres participants.

Pour ma part, je suis prêt ! Néanmoins, cette édition sera un peu spéciale pour moi : ce soir, je reçois des amis à la maison et, bien sûr, je n'écrirai pas en leur présence, même si tous connaissent mon activité littéraire. En revanche, je ne priverai pas de leur parler de ma nouvelle, de la contrainte de cette édition et, s'ils me soufflent des idées, ma foi, j'en prendrai note :)

Les participants disposent d'un chat, afin d'échanger entre eux. Pour le moment, il est encore désert. 
Sur la page facebook dédiée, certains parlent déjà de leurs préparatifs. Beaucoup d'auteurs font des provisions comme s'ils allaient tenir un siège, le but étant de rester derrière leur clavier, d'en bouger le moins possible. 
Une nouvelle peut s'écrire en un temps très court si l'inspiration est au rendez-vous. Mais il faut parfois beaucoup de temps à Muse pour monter en température et proposer des idées recevables. Je pense que Dimanche après-midi, on entendra quelques ronflements parmi les courageux volontaires, épuisés par une soirée d'écriture et une matinée de relecture. Je pense même que j'en ferai partie.
Quand tout sera fini, les nouvelles écrites seront lisibles et téléchargeables depuis ce site.



À journée exceptionnelle, article exceptionnel : comme l'an passé, je ferai de mon mieux pour vous faire vivre ces 24 heures depuis ce blog, en mettant à jour cet article. Les informations les plus récentes seront en haut de la page, pour vous simplifier la lecture.

Rendez-vous dans un peu moins de 2 heures pour l'annonce de la contrainte et le top départ. Je piaffe déjà d'impatience !

lundi 4 mai 2015

Les 24 heures de la nouvelle reviennent !

Si vous avez bonne mémoire, vous vous rappelez que, l'an dernier, je m'étais lancé dans une aventure originale : écrire une nouvelle en 24 heures.

Le succès de cet évènement a été tel que la revue Gandahar y a consacré un numéro spécifique, recensant quelques une des meilleures nouvelles écrites lors des éditions précédentes des 24 heures de la nouvelle, après que leurs auteurs les aient retravaillées. J'ai d'ailleurs le plaisir de voir "Ce Démon de Chat" figurer dans ces pages, en excellente compagnie. Vous pouvez d'ailleurs vous procurer ce superbe numéro et les autres sur le site de Gandahar. Quoi ? On voit que je fais de la pub ? Oups, désolé mais c'est pour la bonne cause :)

 Le tout beau Gandahar 3 !


Toujours est-il que les 24 heures de la nouvelle reviennent cette année, très exactement le 9 mai à partir de 14H00. Déjà plus de 100 auteurs s'y sont inscrits, ce qui représente un record absolu pour cet évènement, en passe de devenir une institution.

Bien sûr, cette fois encore, j'y serai. Avec toutefois une contrainte supplémentaire assez amusante : j'aurai du monde à la maison le 9 en soirée. Je ne disposerai donc pas de 24 heures, mais de beaucoup moins que ça. Il va donc falloir que Muse soit au taquet, prête à monter à l'assaut dès que la contrainte sera annoncée. Si vous vous souvenez de mes péripéties de l'an passé, vous pouvez vous dire que ce n'est pas gagné. L'an dernier, j'étais arrivé avec la fleur au fusil, sans rien prévoir ni anticiper. En clair, au moment où le départ fut lancé, je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais écrire !

Le syndrome de la page blanche, vous connaissez ?


Cette année, ce sera différent. J'ai déjà quelques idées en tête. Ne connaissant pas la contrainte par avance, je dois me garder une certaine souplesse, d'où l'importance d'avoir plusieurs trames à l'esprit. Dans tous les cas, je pense que nous allons beaucoup nous amuser, comme l'an passé. Ce n'est certes pas un hasard si, cette année, autant d'auteurs se sont inscrits. Cet évènement est une formidable opportunité à plus d'un titre. D'abord, elle permet de bloquer un certain temps pour écrire une histoire. Beaucoup d'auteurs dont la plume n'est pas la profession ont beaucoup de difficultés à dégager du temps pour écrire. Ce genre d'évènement permet de mettre une croix dans le calendrier. Ensuite, parce qu'on est tout sauf seuls. C'est toujours plus facile de se laisser porter par l'énergie collective pour se motiver à écrire. Enfin parce que cela fait travailler l'imagination grâce au système de contrainte. Il faut une bonne dose de souplesse mentale pour créer une histoire en un temps si court, la rédiger et oser la publier sur un site qui sera visité par, au moins, cent personnes :) 

N'essayez pas de refaire ça chez vous, hein !


L'an passé, j'avais essayé de vous faire vivre cet évènement de mon point de vue en direct, avec cet article. Je ne vous promet pas de pouvoir le faire à nouveau cette année, mais je vais essayer. Les amis que je reçois samedi soir savent que j'écris, ils sauront que je serai impliqué dans cet évènement et ils sont bien susceptibles de me motiver et de me donner quelques idées.

Quoi qu'il en soit, vous pourrez vous aussi lire nos récits et même les télécharger sur le site des 24 heures de la nouvelle.

vendredi 24 avril 2015

Lis beaucoup, écris beaucoup.

Selon plusieurs auteurs qui prennent de leur temps pour donner quelques conseils aux amateurs, "lis beaucoup, écris beaucoup" est la règle d'or. Incontournable, indispensable même si elle ne se suffit pas à elle-même, cette règle a été prononcée, entre autres, par Stephen King ou Sire Cédric. 



Pour ma part, je retenais surtout le "écris beaucoup". J'avais bien conscience - et j'ai toujours bien conscience - qu'on perd beaucoup de sa capacité à écrire quand on ne pratique pas. Un style, ça demande du travail, le même genre de travail que pour la pratique d'un instrument de musique. Ne touchez pas à votre guitare (ou autre) pendant plusieurs mois, vous vous rendrez compte en un éclair que vous ne faites plus corps avec elle. Il vous faut du temps pour vous réapproprier le manche, la sonorité des cordes, la place exacte des frets. Bien sûr, vous savez encore jouer, mais avec moins de facilité, de fluidité, de précision. Quelques couacs désagréables s'invitent dans la partition, alors que vous ne les auriez pas produits avant.

Quand on écrit, c'est la même chose. Les mots sont plus hésitants, les verbes ternes s'invitent dans le récit, les descriptions n'ont plus le même relief. Ce n'est pas mauvais, mais c'est moins bon.

Pour cette raison, quand j'ai repris l'écriture, j'ai eu à cœur de ne plus la lâcher. Lire ? Oui, j'aime beaucoup lire. Mais ça prend du temps. Pire : ça rogne le temps que je consacre à l'écriture ! Alors, tant pis, j'ai décidé de me passer de lecture pendant "quelques temps" pour écrire davantage.



En soi, ce calcul n'était pas mauvais. Je pense même que, dans une certaine mesure, il m'a été profitable. Je n'ai pas non plus arrêté toute forme de lecture pendant les 18 mois qu'a duré cette phase ! De toute façon, je n'ai jamais été un lecteur de compétition. Je voue une admiration sans borne à celles et ceux qui peuvent lire 50, 80 ou 100 romans par an, entre autre parce que je ne m'en pense pas capable. 
Tout le problème est là : lire me donne une envie d'écrire qui ne fait que se renforcer à mesure que j'enchaîne les lectures. Le moment vient donc très vite où je pose le bouquin dans lequel je m'absorbais - si possible, après l'avoir fini - pour me ruer sur mon clavier et reprendre un des récits qui trotte dans mon esprit. Il y en a toujours au moins un et, la plupart du temps, plusieurs. 

Ces jours-ci, je découvre que lire, à certains égards, est comme écrire ou jouer de la guitare. Quand on ne pratique pas pendant quelques temps, la sensation n'est pas la même. Le plaisir de la lecture est intact, l'immersion dans le récit se produit toujours (heureusement !), mais l'analyse qu'en tant qu'auteur, je peux faire du récit, est plus difficile à déclencher. Sur les deux premiers livres que j'ai lu et chroniqué récemment, il aurait fallu que je me force pour y parvenir. Ce n'est que maintenant, alors que j'entame mon troisième livre à la suite - "Docteur Sleep" de Stephen King - que ce réflexe me revient sans effort. Non seulement j'apprécie l'histoire que je lis, mais en plus, je comprends pourquoi. Je vois une partie des astuces de l'auteur, je parviens à démonter quelques-uns de ses mécanismes et à me dire que, pour parvenir à un résultat aussi efficace, il faut que je m'y prenne de telle ou telle manière.



Ce qui m'amène à me dire que j'ai sans doute négligé à tort le "lis beaucoup". Outre remuer Mme Muse (même si la mienne n'a pas besoin de ça, c'est une agitée de naissance), une lecture régulière permet une analyse des romans qui nous plaisent - ou pas. À condition quand même de savoir mettre des mots sur ce qu'on décortique. Si je n'avais pas appris autant de notions sur l'écriture et ses mécanismes depuis que j'ai plongé dans la mare, l'essentiel de ce que je parviens à identifier m'aurait échappé, faute de pouvoir comprendre. Sans doute est-ce pour ça que j'avais choisi de mettre la lecture de côté.

Me reste toutefois un problème insoluble : le temps. Impossible de le ralentir, il poursuit sa course au même rythme que d'habitude. J'ai beaucoup à faire ces jours-ci avec 3 nouvelles à réviser en profondeur (recycler, si vous préférez), 2 autres à écrire et, très bientôt, grâce à l'énergie de mes deux alphettes de choc, un roman à corriger - et que je dois pitcher. J'ignore encore l'ampleur de ces corrections, mais je ne m'attends pas à de la simple cosmétique.
Sans oublier qu'à la base, je voulais écrire trois nouveaux romans cette année, avant de me résigner à n'en écrire que deux. 
Je crois donc que je vais me permettre de remplacer le "lis beaucoup" par "lis régulièrement". Si je parviens à engloutir un roman toutes les deux semaines, le mécanisme d'analyse devrait continuer à fonctionner ; je ne lirai pas uniquement pour le plaisir, mais aussi pour m'améliorer. Un roman toutes les deux semaines, ça reste tout à fait gérable, même avec tout ce que j'ai prévu et envie d'écrire. Ça ne fera que 25 livres par an, mais pour un hyperactif comme moi, qui malgré les années est quasiment incapable de tenir en place, c'est déjà bien !


samedi 18 avril 2015

J'ai lu : Rédemption par Bérengère Rousseau

La superbe couverture d'Aurélien Police

TITRE : Rédemption
AUTEUR : Bérengère Rousseau
ÉDITEUR : Éditions du Riez
Disponible en papier où en numérique, mais sans doute à commander, EdR étant un petit éditeur, leurs romans sont rarement en tête de gondole des libraires.

L'auteur : Bérengère Rousseau.

Quatrième de couverture :
Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière grand-père, son monde bascule. Comment accepter de vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.

Sur place, ils sont victimes d'un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la bataille des Ardennes. Noâm voit là l'occasion de restaurer l'honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l'histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?


Il n'est pas évident de donner son avis sur un roman sans en spoiler des pans entiers, je vais quand même essayer de le faire. Parce que Rédemption est un très bon roman et que je voudrais vous donner envie de le lire :)

Bérengère Rousseau publie ici son premier roman, qui n'est toutefois pas le premier qu'elle ait achevé. Celui-ci lui tient à cœur car, dans sa famille, on a connu la seconde guerre mondiale. On sent d'ailleurs que l'auteur s'est beaucoup impliqué dans l'écriture, il y a beaucoup de tensions et d'émotions au travers de ses lignes. Toutefois, tout est dosé avec subtilité, on ne tombe jamais dans l'excès de dureté ou de tendresse. C'est un des gros points forts de ce roman, car il aurait été facile de tomber dans l'étalage d'horreurs, surtout que la bataille des Ardennes de 1944 fut particulièrement dure.

Le début montre des personnages du quotidien face à une découverte de leur passé. Sans rien révéler, je dirais juste qu'il m'a manqué un peu de tension émotionnelle du côté du père, En revanche, Noâm est touché en plein cœur par sa découverte et n'entend pas se contenter des maigres éléments qu'il a en sa possession. On le sent curieux et motivé, mais aussi hésitant. Il a besoin de son ami Lucas, qui n'est pas personnellement impliqué par cette découverte et dont le sang-froid et le bon sens vont s'avérer indispensables. 

Le duo de personnages fonctionne à merveille, les dialogues sont bien construits et crédibles, on ressent le fort lien qui les unit. Dès que les événements se précipitent, c'est pourtant Lucas qui prend le dessus sur Noâm. Si cela permet de faire plus ample connaissance avec ce personnage intéressant, les raisons qu'emploie l'auteur ne m'ont pas entièrement convaincu. Rien de bien grave toutefois, car nous entrons au cœur de l'histoire, et même de l'Histoire. La tension est présente, palpable, les deux jeunes hommes marchent sur des œufs dans un contexte de 1944 qu'ils ne maîtrisent qu'en théorie... Et encore ! 

L'auteur joue de finesse et de subtilité pour nous permettre de vivre quelque chose que l'on connaît sur le papier, avec des ingrédients inédits. L'histoire prend un tour surprenant tout en répondant à ce qu'on en attend. On trouvera même dans les lignes de Bérengère des figures historiques du nazisme et de la collaboration Belge. Car oui, tout ce roman se déroule en Belgique et nous permet, en plus, de mieux découvrir cette douloureuse page de l'histoire de nos voisins.

Les événements s'enchaînent, obligeant les personnages à faire preuve de ruse, de finesse et de malice pour rester en vie. Les plans s'échafaudent tant bien que mal, les blessures viennent amoindrir les personnages et Noâm doit faire de son mieux face à des nazis redoutables. Le contexte de l'époque est bien rendu, cet univers sombre et désespéré de l'hiver 1944 nous prend aux tripes. L'auteur montre ici toute son habileté en nous dépeignant ce passé atroce sans nous donner la nausée. Le roman est accessible au plus grand nombre, vous ne risquez pas ici d'y trouver de scène de torture, de génocide ou de charnier. On ne garde que cette ambiance sombre, bien mise en lumière, ainsi que la suspicion omniprésente des uns envers les autres, car il est toujours question ici de collabos et de résistants.

La fin de l'histoire accélère un rythme déjà bien géré. Comment faire pour rentrer en 2014 ? L'auteur trouve une réponse crédible et nous ménage une surprise dans la lignée de l'histoire qu'elle nous a raconté jusqu'ici. C'est bien trouvé et bien exécuté. Je pense que, comme moi, vous aimerez cette fin toute en subtilité et émotion contenue. 

Pour un premier roman publié, Bérengère Rousseau réussit un pari compliqué. Pas évident de jongler avec les événements de l'Histoire sans plonger dans le pathos ou l'atroce. Pas évident de manier le thème du voyage dans le temps, déjà si souvent employé. Pas évident de raconter une histoire où les sentiments sont forts sans tomber dans les excès. C'est grâce à une écriture maîtrisée, une histoire solide et bien pensée et une ambiance très bien dépeinte qu'elle y parvient. Je lui tire donc mon chapeau et je guetterai avec intérêt ses prochains romans. 

En attendant, je vous conseille vivement celui-ci !

mercredi 15 avril 2015

J'ai lu : Moisson d'Épouvante



S'il y avait bien une anthologie que je devais lire, c'était celle-ci ! 
Pourquoi ? Oh, si vous posez la question c'est que vous ne me connaissez pas. Première fois que vous venez par ici, hein ? Alors, laissez-moi éclairer votre lanterne.
Mesdames et messieurs, bonjour. Mon nom est Francis Ash. Auteur amateur, lecteur à mes heures, accro aux frayeurs, aux horreurs, à la terreur, la noirceur, la douleur, tant que toute ces douceurs restent littéraires, bien entendu. 

J'ai eu la chance de trouver Moisson d'Épouvante lors du dernier Trolls & Légendes. Frédéric Livyns, auteur de la première nouvelle mais également récipiendaire à deux reprises du prix Masterton catégorie Nouvelles (2012 pour les contes d'Amy et 2015 pour Sutures) m'a dédicacé son récit. 
Je m'attendais à du haut niveau, car je me souvenais que lors de la sortie de cette anthologie, un certain Sire Cédric l'avait beaucoup appréciée.




Je n'ai pas été déçu ! Le recueil est plutôt homogène en terme de qualité d'écriture. Chaque auteur a sa personnalité propre, sa patte, sa verve. Ces essences ont été préservées par l'anthologiste Yves-Daniel Crouzet, les textes retenus sont variés. On passe de l'horreur moderne à l'épouvante plus classique, du récit noir et oppressant à l'humour grinçant, toujours avec originalité et qualité. 

Passer en revue chacun des textes serait à la fois fastidieux et donnerait un atroce effet "catalogue" dont je ne raffole pas. Aucun texte n'est mauvais ni même médiocre. Dans chacun d'eux, on trouve une ambiance particulière, une façon de raconter l'histoire avec plus ou moins de rythme, du frisson. Le reste n'est qu'une question de goût, pour ma part. Car bien sûr, au milieu de tant de diversité, certains textes m'ont davantage plu que d'autres. Donc, si vous êtes un des auteurs présent dans l'anthologie et que je ne vous cite pas en coup de cœur, n'en déduisez surtout pas que votre nouvelle ne fonctionne pas ou qu'elle n'est pas bonne. Juste qu'elle m'a un peu moins séduit que celles dont je vais parler.



J'ai apprécié en particulier "Nettoyage de printemps" d'Élodie Beaussart pour l'ambiance qu'elle distille page après page, ses deux personnages principaux, en particulier Lucile et son caractère bien trempé. J'aime aussi cette intrigue qui monte en puissance, tout doucement, titillant l'imagination du lecteur. On se pose de nombreuses questions, on échafaude, mais on ne devine pas la fin, très bien trouvée. 



"La mémoire des Cactus" de Sébastien Eres m'a également beaucoup plu. Les personnages sont vivants à souhait, les dialogues très efficace et l'ambiance s'assombrit au fil du récit. J'aime quand une nouvelle me donne cette impression de commencer comme une journée tout à fait classique pour virer peu à peu au cauchemar inattendu. L'intrigue est bien tissée, on pense en deviner les étapes suivantes, mais on ne mesure pas l'ampleur de ce qui arrive à Johan et Sylvia. Là encore, la fin a su me surprendre tout en restant dans la logique du fil tissé par l'auteur.



Le "Minou" de Neil Jomunsi m'a beaucoup plu par son ton un décalé, assez désinvolte. Présenté comme une tranche de vie, teinté d'humour un peu grinçant, c'est une des nouvelles les plus courtes. Elle n'en est que plus efficace, à la fois effrayante et désopilante.



"Under the Bridge" de Philippe Goaz - titre qui m'a forcément fait penser aux Red Hot Chili Peppers mais qui n'a rien à voir - est une nouvelle qui parodie les vampires et fonctionne à ravir. Humour noir, jeux de mots et situations décalées fonctionnent à merveille. 



"Brainstorming" d'Alexandre Ratel m'a plu et surpris par l'univers qu'il décrit d'emblée et ce décalage entre l'ambiance extérieure et ce qui se déroule à l'intérieur du bureau, lieu principal de l'action. Le "client" pour lequel travaillent Richard et "Jerry" est cocasse, à mi-chemin entre un méchant de Stephen King et un des membres de l'équipe de Dutsh dans "Prédator". 

Ces nouvelles sont mes cinq coups de cœur, celles qui m'ont plu un peu plus que les autres. 

En réalité, la seule qui m'ait moins plu, car ne racontant pas vraiment d'histoire, est "Typologie des Ténèbres" de François Fierobe. Certes, l'idée est intéressante et se tient, mais n'ayant aucun personnage décrit pour donner vie au propos, je l'ai lue plutôt comme un essai, quelque chose de presque didactique. 

Cette anthologie m'a tenu compagnie pendant trois soirées, le temps que je dévore tranquillement ces histoires à faire frissonner et à chatouiller l'imaginaire. La récolte 2014 est un très bon cru, j'ai hâte de voir ce que donnera celle de 2015. Bravo aux auteurs et à l'anthologiste pour ce très bon moment de lecture, comme il en faudrait davantage !

lundi 13 avril 2015

Les heureuses coïncidences !

Outré par la taille de ma PAL, j'ai donc repris la lecture. J'ai presque fini le recueil "Moisson d'Épouvante" et me prépare ensuite à lire un roman (très probablement "Rédemption" de Bérengère Rousseau.)
Bien entendu, vous pourrez en lire les chroniques ici. Quand ? Dès que je les aurais écrites, pardi !



Je prends un vrai plaisir à lire, ce qui peut sembler le comble des combles, vu que je lis très peu. Serais-je masochiste au point de me refuser cette joie ? Mais non, voyons ! La raison est plus simple que ça : cette activité à sur moi de fâcheux effets secondaires. Ça me donne une invraisemblable envie d'écrire !
Muse se réveille, me rappelle les idées qu'elle à placées dans la Liste des Récits à Rédiger (LRAR) et, tant qu'à faire, m'en ajoute d'autres. J'en viendrais presque à lire avec un carnet ou un bloc-note à portée de main, pour jeter quelques mots sur le papier et tenter de calmer cette hystérique qui piaille dans mon crâne. Mais ça interromprait ma lecture, briserait mon élan et gâcherait mon plaisir.




Donc, je résiste ! Vaille que vaille, je poursuis ma lecture du soir et ne compte pas m'arrêter. Par contre, je ne vais pas tarder à reprendre mes séances d'écritures et de corrections du matin. Car hormis quelques corrections éditoriales, depuis le déménagement je n'ai pas écrit. 
Voilà, c'est dit, j'assume, envoyez vos caisses de tomates, mais que celui ou celle qui n'a jamais péché me lance le premier fruit trop mûr ! ^^



Le hasard faisant parfois les choses de façon curieuse, je suis victime d'une panne de TV, qui ne devrait pas être rétablie avant mercredi. Comme ça tombe bien ! Pendant que ma chérie s'intéresse à la faune à plume qui hante notre jardin, cherchant à mettre des noms sur ces charmants volatiles, je bouquine. Compte-tenu du fait que le motif de la panne ne me semble pas très clairement identifié, je soupçonne que mercredi, mon décodeur TV m'invitera encore à régler ma parabole. 



Reste à savoir si je parviendrai à écrire le matin et lire le soir sans :
- déclencher l'ire de Muse, qui voudrait parfois me voir écrire 35 heures par jour.
- ne pas m'emmêler les pinceaux entre ce que j'écris et ce que je lis (même si sur ce point précis, mes craintes sont limitées.)
- ne pas subir trop vivement l'influence de mes lectures dans mes récits (souci que j'ai connu quand j'étais plus jeune.)

Ce qui est certain, c'est que dès mon prochain salon - Les Imaginales - ma PAL prendra encore du volume ! La faute à ces démons d'auteurs et leurs œuvres tentatrices. Par exemple : 



vendredi 10 avril 2015

Indécence !

C'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit quand je me suis retrouvé face à ma bibliothèque. Parce que dans ses rayonnages se trouve une majorité de romans ou recueils que je n'ai encore jamais lus !

Après mon passage à Trolls et Légendes le week-end dernier, la situation s'est encore dégradée puisque j'ai fait l'acquisition de 7 nouveaux livres. Ils m'ont tous donné envie de les lire, ces bougres-là. Les auteurs sont de puissants démons, vils et tentateurs, qu'on se le dise ! En tout cas, je vais déserter ma télé - que je ne regarde déjà pas beaucoup - pendant quelques temps.



Puisque je dispose maintenant d'un endroit confortable et paisible, je vais arrêter de jouer à Diablo III et me pencher sur ces superbes romans et recueils qui me tendent les pages. Difficile de choisir par lequel je voulais commencer, mais mon calendrier d'écriture m'a donné l'orientation dont j'avais besoin. J'ai donc commencé le recueil "Moisson d'Épouvante" édité par Dreampress. J'avais eu le plaisir de lire quelques une des nouvelles qu'il contient sur la Mare, mais je voulais ce recueil dans son intégralité. Je vous en parlerai donc bientôt ici.



Mais je ne vous ai parlé ici que de ma PAL papier... Ma PAL dématérialisée est tout aussi conséquente, tout aussi alléchante aussi. Il me faudra plusieurs années pour en venir à bout, compte-tenu de mon rythme de lecture, digne d'un escargot arthritique. Qu'importe ! Selon les statistiques, il doit me rester une quarantaine d'années d'espérance de vie, ça devrait être suffisant :)

Donc, attendez-vous à lire ici et bientôt plusieurs chroniques, exercice qui me plaît beaucoup et auquel je ne me suis que trop peu adonné.