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dimanche 23 octobre 2016

J'ai lu : La Tour de Sélénite par Arnaud Codeville.



4ème de couverture :
Adel Blanchard est un écrivain en perdition. Depuis quelques mois, sa vie ne se résume qu’à éviter les huissiers et à courir après son ex-femme pour voir ses deux enfants. Pour sortir la tête de l’eau, il accepte un poste de professeur de Lettres dans une faculté de Lille mais peu à peu, il ne peut s'empêcher de glisser dans la dépression. Un soir, alors qu’il est prêt à commettre l’irréparable, sa voisine de palier intervient miraculeusement et l’en empêche. Il voit en elle l’opportunité de démarrer un nouveau chapitre de sa vie, c’est donc naturellement qu’il participe au projet universitaire qu’elle organise avec un collègue : la restauration d’un phare en Loire-Atlantique. Malheureusement, il ne se doute pas que ce périple le mènera au cœur de la terreur où il y laissera une partie de son âme…


Pour l'anecdote, je me trouvais au Furet de Villeneuve d'ascq, à la recherche de bons romans à offrir à un ami pour son anniversaire. Soudain, je tombe sur cette couverture. C'est en premier lieu le nom de l'auteur qui a attiré mon attention. Je connais un Arnaud Codeville. Métalleux, bassiste, féru de jeux de rôles et en particulier, "l'appel de Cthulhu". S'agirait-il d'un homonyme ? Ou est-ce le même Arnaud qui, depuis 10 ans que je ne l'ai pas vu, a pris la plume ?
La dédicace à Fabien achève de lever les doutes : ça ne peut être que lui. 
La semaine suivante, Arnaud étant en dédicace près de chez moi - et aussi près de chez lui, en fait :) - je me rend à la librairie où il est invité, et me procure deux exemplaires de son roman : un pour mon ami et un pour moi. Il m'apprend alors qu'il a choisi la voie de l'indépendance et s'est débrouillé par lui-même pour faire imprimer et distribuer son roman, ainsi que pour son site web. Et comme je l'ai trouvé au furet, on peut dire qu'il a très bien bossé !
Étant un lecteur déplorable de lenteur, je n'ai fini ce très bon roman que récemment. Entre-temps, Arnaud a écrit un second roman, que je me procurerai sans doute très vite, mais en attendant, laissez-moi vous parler de celui-ci.



Arnaud a choisi de nous mettre dans la peau d'Adel blanchard, optant pour la première personne du singulier en termes de narration. Ce n'est pas le choix le plus facile pour l'auteur, mais dans le cas présent, je pense que c'était la meilleure option. On suit le parcours chaotique de cet écrivain déchu, qui accepte un poste en fac tout en essayant de voir ses enfants. Le tout est bien rendu, le style d'Arnaud est sobre et efficace. Il sait mettre l'accent sur l'essentiel et nous emmener avec lui, tout en douceur.
Peu à peu l'histoire - dont je ne révélerai rien, comme d'habitude - se met en place. On rencontre les collègues du prof, personnages bien caractérisés et plutôt attachants. Les événements se précipitent, l'ambiance se tend progressivement. Les dialogues sont globalement bien écrits, les situations crédibles, on se laisse prendre de plus en plus. 
Peu à peu, on entre dans le coeur de l'action, et un habile huis clos s'installe. La tour de Sélénite se dévoile peu à peu, avec son ambiance et ses mystères. Il devient de plus en plus difficile, à ce stade, de se convaincre de reposer le roman. Les descriptions sont plutôt convaincantes et permettent au lecteur de bien se faire à l'image. Bientôt, le rythme s'accélère, l'action se met en place et on plonge dans l'horrifique. On est dedans et on ne veut pas lâcher jusqu'à la dernière page. Tout s'enchaîne très bien, ne laissent plus le temps aux personnages de respirer. Le cauchemar est au rendez-vous, palpitant et délectable. En refermant ce roman, j'étais très content de ma lecture.
J'ai quand même trouvé quelques petites imprécisions ou approximations, mais rien qui ne perturbe la lecture. Quelques coquilles ont échappé à la vigilance de l'auteur et de ses relecteurs, mais là encore, rien de rédhibitoire, on en trouve aussi dans les romans publiés par les plus grand éditeurs. 

Arnaud nous sert un premier roman tout à fait convaincant, qui entraîne le lecteur un peu plus au fil de pages et se finit sur un diabolique crescendo. Quelques détails auraient pu être améliorés, mais au final, happés par l'histoire, on ne se rend compte de presque rien.  Très joli coup d'essai ! 
Je vous conseille ce roman si vous aimez les histoires horrifiques et les ambiances oppressantes. Et si vous croisez Arnaud en dédicace, n'hésitez pas à aller le voir :)

vendredi 6 novembre 2015

J'ai lu : Les Arcanes du Chaos de Maxime Chattam.



Célibataire parisienne sans histoires, Yael est loin de se douter qu'il existe des secrets qui mettent en danger ceux qui les découvrent. Le jour où des ombres apparaissent dans ses miroirs pour lui parler codes secrets et sectes millénaires, elle se croit folle ou possédée.
Projetée dans un jeu de piste infernal, pourchassée par des tueurs, Yael se trouve au coeur d'une lutte ancestrale. Et si l'histoire n'était que manipulation ?


Cela faisait quelques temps que je me demandais à quoi ressemblait la plume de Maxime Chattam. J'en avais entendu beaucoup de bien. La liste de ses romans commencer à être longue, je ne savais pas bien par où commencer. En général, pour découvrir un auteur, j'aime bien un stand-alone. Juste au cas où je serais déçu.
Le 4ème de couverture des Arcanes du Chaos m'a parlé, je l'ai donc entamé avec un certain enthousiasme. 
Rapidement, la plume de l'auteur m'a convaincue. Ses personnages sont intéressants, fouillés, crédibles. Il a un très bon style, qui sait mettre en lumière les détails, donner vie à ses décors et plonger le lecteur dans son univers. Yael est une jeune femme assez ordinaire, mais suffisamment singulière pour être attachante. On la suit dans sa vie quotidienne qui ne tarde pas à basculer. 
Thomas, reporter international, vient habilement compléter Yael. Grâce à lui, les mystères se révèlent, car sans ses connaissances, on ne pourrait que rester en surface des événements. J'ai beaucoup apprécié la plongée dans les souterrains de Paris, le réalisme des scènes et le rythme qui s'installait. Du tout bon, avec en incrustation, des citations du blog d'un certain Kamel Nasir, qui nous immerge dans un univers de complot permanent et fausses apparences. 

Tout allait bien jusqu'à l'entrée en scène de Kamel Nasir, en chair et en os, et plus simplement en blog. Le personnage en lui-même est très peu caractérisé. On sent très vite qu'il n'est pas là pour exister, mais pour le rôle qu'il doit remplir, aider les deux personnages principaux. Il est transparent comme l'eau claire, et surtout, extrêmement prolixe. 
Les propos qu'il tient, toujours sur la théorie du complot et son fonctionnement, sont plutôt intéressants. Mais au bout d'un moment, je ne savais plus ce que je lisais. Un roman ? Un essai sur la manipulation des masses par une élite ? Le rythme est retombé lourdement, noyé dans des considérations certes intéressantes, mais de prime abord trop poussées. J'ai eu l'impression que l'auteur, qui a dû faire beaucoup de recherches pour écrire son roman, s'est senti obligé de les partager avec son lecteur. De gré ou de force.
Malgré tout, l'intrigue continue de se tisser, les mystères s'éclairent à mesure que d'autres énigmes apparaissent. En cela, les idées de Maxime Chattam sont très bonnes, et c'est ce qui m'a motivé à poursuivre ma lecture. Je me demandais quand même où il voulait m'emmener avec tout ça.

Arrivent alors des tueurs, hommes de main, nettoyeur, appelez-les comme vous voulez. À quelques occasions, l'auteur en fait des personnages de point de vue. Là encore, je regrette que ces personnages soient cantonnés à ce qu'ils représentent dans l'histoire. Ils sont sans épaisseur, sans particularité et laissent indifférent. D'autant que leur prise de parole n'est jamais indispensable à la bonne marche de l'histoire. Seul Yael et Thomas sont vraiment travaillés, les autres ne font que servir, mais donnent la sensation que toute cette histoire est vaste. De fait, elle l'est, et on voyage beaucoup. D'abord en France, puis en Suisse, avant de finir à New York.

Les pièces de l'ingénieux puzzle s'assemblent peu à peu, on y voit plus clair mais on ne devine jamais vraiment le fond de l'histoire. En cela, le roman est bien écrit. Malgré tout, j'ai relevé un détail choquant. 
Désolé chers lecteurs, mais je suis obligé de spoiler un peu le roman. Si vous ne l'avez pas lu et voulez vous épargner une petite révélation, je vous invite à sauter le passage suivant que je vais rédiger en italique.

La mort de Bonneviel est tout simplement inconcevable de la façon dont l'auteur la décrit. C'est un meurtre tout simple et habillement maquillé. Mais sachant l'importance, le poids et la puissance de Bonneviel, comment se fait-il qu'il ne soit pas mieux protégé, informé ? Surtout, sachant ce qu'il essaye de faire, comment penser qu'il n'a pas pris davantage de précautions ? C'est beaucoup trop facile, d'autant que sa mort est, à priori impromptue, improvisée. Yael va chez lui, au passage, hop, on le liquide, comme un simple quidam. Pire : sa mort en elle-même ne sert à rien. Tout ce qu'il fallait, c'est qu'il ne puisse pas parler directement à Yael. Le tuer ainsi le décrédibilise dangereusement, même si je comprends qu'il devienne une cible. 

Voilà, fin du spoiler.
On se retrouve donc, pour finir, à New York. Le voyage outre-atlantique se fait un peu attendre, car on comprend vite qu'il est inéluctable, on en fait que parler des états-unis depuis le début. Toutefois, l'auteur nous réserve une intéressante surprise finale, qu'on ne voit effectivement pas venir. De ce point de vue-là, c'est plutôt bien joué, mais ça ne rachète pas entièrement les nombreuses erreurs du roman.

D'abord, des personnages secondaires insipides. Ensuite un rythme qui, passé le premier tiers, cesse d'exister. Ça devient même très poussif malgré de bonnes scènes. Un gavage d'informations qui tourne trop à la répétition sur le même thème. J'ajouterai la partie que j'ai mise en italique, vous pourrez y revenir si vous lisez le roman. Au final, de bonnes idées, de quoi faire un roman très exaltant, mais un potentiel en grande partie gâché par un travail insuffisant sur le schéma narratif. Sans être mauvais, ce roman me laisse une sensation amère, parce qu'au vu du début, je m'attendais à beaucoup mieux. Mais peut-être n'ai-je pas choisi le meilleur roman de Maxime Chattam. Je retenterai une prochaine fois, car je pense que l'auteur a beaucoup de qualités et doit pouvoir raconter une histoire de manière beaucoup plus prenante.

lundi 2 novembre 2015

J'ai lu : Le Roi Des Fauves par Aurélie Wellenstein.

Cette superbe couverture est signée Aurélien Police.


Accusés de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont injustement condamnées à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruine, coupés du monde, il leur reste sept jours d'humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu'on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstre, en berserkirs, ces hommes-bêtes enragés destinés seulement à tuer ou être tués. Commence alors une course contre le temps, effrénée, angoissante, où les amis d'hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres... et surtout contre la bête qui grandit en eux. 
Existe-t-il une issue ? Existe-t-il un salut quand son pire ennemi n'est autre que soi-même ?



Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu un roman de fantasy. Le dernier en date était "Les Derniers Parfaits", de Paul Beorn, que je vous conseille au passage.
L'analogie s'arrête ici. Hormis le registre, les deux romans n'ont rien à voir. Aurélie Wellenstein n'a jamais fait mystère de son penchant pour les univers sombres et torturés. Mais s'agissant d'un roman destiné aux jeunes adultes, je me demandais si l'auteur n'avait pas dû brider sa plume, prompte à nous plonger dans des ambiances cauchemardesques.

Fort heureusement, il n'en est rien ! Les jeunes gens qui sont le lectorat cible de Scrineo ont intérêt à avoir l'estomac bien accroché. Passé une introduction courte et efficace, qui nous plonge dans ce monde où l'équité n'a pas encore été inventée, un système médiéval assez simple à comprendre et tout à fait réaliste, Aurélie nous plonge dans l'angoisse. Cette attente est bienvenue, elle permet de faire plus ample connaissance avec les protagonistes et déjà de s'attacher à leur sort.

Sans rien révéler de l'histoire, car je ne veux pas vous spoiler, je peux vous dire qu'elle est bien amenée. Les trois héros, Ivar, Kaya et Oswald sont convaincants, bien à leur place de jeunes gens pas encore adultes, confrontés à une réalité dont ils ignoraient tout. J'ai beaucoup aimé Ivar, son courage mêlé d'une certaine maladresse en fait un personnage très plaisant à suivre. Oswald m'a plu par son humour noir et ses efforts pour masquer ses faiblesses. Quant à Kaya, elle reste mon personnage préféré dans cette histoire. J'adore son caractère, qu'on découvre au fil des pages sous l'e regard d'Ivar, seul personnage de point de vue du roman. Mention spéciale pour le jeune Jarl, à la fois admirable par sa ténacité et exécrable dans son attitude. Un personnage comme on aime les détester.


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La couverture, vue dans son intégralité, aussi réussie que le roman qu'elle illustre.


Dès que les trois jeunes gens se retrouvent dans le Hadarfell, les événements se bousculent. Il y a d'abord ce mythe, institué par l'auteur, auquel j'ai mis du temps à croire. J'ai longtemps pensé à un piège, une simple chimère créée de toutes pièces dans un but de contrôle, de domination. Mais l'auteur m'a pris par surprise, une fois encore, en donnant vie à cette croyance, mais aussi en lui donnant un contre-pouvoir tout aussi effroyable. C'est que le Hadarfell a une histoire tourmentée, on la découvre à mesure que les jours s'écoulent, et que les Lehrings produisent leur effet. Et ceux-ci sont impressionnants, plongeant les trois amis dans les abîmes de leur propre esprit. La part d'humanité de chacun d'eux s'amenuise, laissant place à la bête qui sommeille en eux. L'ambiance devient plus pesante, le stress monte et les jours s'écoulent très vite. Le style fluide et percutant d'Aurélie fait merveille et nous immerge totalement dans les ténèbres de cette forêt obscure, chevillés au destin des trois adolescents dans ce monde dur et parfois sanglant.

L'influence de la magie, noire de préférence, est incontestable mais bien dosée. De telles puissances pourraient réduire les personnages à l'état de pantins, pourtant ils luttent et conservent toujours une part de conscience en eux, même aux pires moments. Les sentiments qu'ils développent sont puissants, parfois contradictoires et touchent le lecteur en plein fouet. C'est aussi à ça qu'on reconnaît un très bon roman : on le vit autant qu'on le lit. 

Vient alors le moment de découvrir ce qui se cache derrière le titre de cet excellent roman, le Roi des Fauves. À nouveau, je ne veux rien vous révéler de l'intrigue. Elle est bien tissée, mêlant de façon habile ce à quoi on s'attend depuis que ce personnage étrange est évoqué, et quelques surprises bien amenées, qui font toute la différence. Quant à la fin de l'histoire, elle est à la hauteur du roman, étonnante, décapante et sans concession. 

La reine des fauves et ses récompenses :) 


On dévore les 284 pages de cette histoire avec un vrai plaisir, on sombre dans la noirceur du Hadarfell en se demandant comment on peut en revenir. Au-delà de l'histoire principale, mise en lumière par le 4ème de couverture, on découvre un royaume avec ses légendes, son passé et ses conséquences. La plume habile d'Aurélie Wellenstein amène tous ces éléments petit à petit, sans jamais nous laisser le temps de nous ennuyer. Une vraie réussite, qui mérite amplement son prix des Halliennales 2015 et, je l'espère, quelques autres dans l'avenir.



jeudi 22 octobre 2015

J'ai lu : Avec tes yeux de Sire Cédric.

Une couverture sobre mais assez explicite.

Depuis quelque temps, Thomas fait des rêves atroces. D'épouvantables rêves qui le réveillent en sursaut et morcellent son sommeil qu'il a déjà fragile. Si ce n'était que ça ! Après une séance d'hypnose destinée à régler ses problèmes d'insomnie, il est en proie à des visions. Il se voit, à travers les yeux d'un autre, torturant une jeune femme... Persuadé qu'un meurtre est effectivement en train de se produire, il part à la recherche de la victime. Le cauchemar de Thomas ne fait que commencer.


Mon affection prononcée pour les histoires effrayantes ne date pas d'hier. Ça remonte à tellement loin que je ne saurais dire quand j'ai vu mon premier film d'épouvante, lu mon premier roman d'horreur ou mon premier thriller.
Celles et ceux qui me suivent régulièrement le savent, je suis un lecteur très lent, véritable escargot de bibliothèque - à ceci près que je m'arrange pour ne pas baver sur mes étagères. Je n'ai pas souvent de temps pour lire, ce qui me conduit à être exigeant dans mes choix. 

Le week-end dernier, quand ma chérie et moi sommes allés à Wavrin pour acquérir le nouveau Sire Cédric, je n'ai pas eu d'hésitation. Le grand toulousain m'a montré de quoi il est capable avec "L'enfant des cimetières". Faute de pouvoir lire les autres romans de la saga Vauvert-Svärta dans l'ordre, j'en était resté à cette seule mais très bonne expérience. Je savais que son nouveau roman était un stand-alone, j'avais hâte de le découvrir.

Sire Cédric et Elodie Beaussart à Wavrin le 18/10/2015

Dimanche soir, je relisais le pitch, diablement attirant. Puisque j'avais un peu de temps, j'ouvrais le roman et plongeait directement au cœur de l'intrigue. C'est que Sire Cédric ne nous donne pas le choix : il nous happe dès les premières pages. L'atmosphère est lourde, angoissante. Le style soigné rend les scènes très visuelles, tout en restant fluide. Les lignes passent, puis les pages et ça y est, le lecteur que je suis est pris en otage. À peine ai-je pu remarquer, dans ces premières pages, quelques adverbes dont on aurait pu se passer. Trois fois rien.
À mesure que l'histoire avance, on découvre le personnage de Thomas, auquel je me suis vite attaché. Malgré ses problèmes, il tente de faire face, cherches des réponses à un problème qui dépasse l'entendement. Nathalie m'a plu également, déterminée mais frustrée, elle contourne de son mieux les difficultés qui s'imposent à elle. Son caractère la pousse parfois aux excès, ce qui se retrouve dans sa relation à la nourriture. Fox est plus mystérieuse, sans cesse derrière sa carapace, mais n'en est que plus intéressante. Sans parler du tueur, impressionnant de froideur monstrueuse, totalement angoissant.

À mesure qu'on progresse dans l'histoire, via des chapitres très courts, écrits d'une plume affûtée, on se fait emporter. Des questions surgissent, on croit déceler une piste, un indice. Mais non, l'histoire rebondit ! La construction du récit est étonnante d'efficacité, nous laissant juste ce qu'il faut d'indices pour comprendre, jamais pour anticiper. À chaque fois que je pensais tenir quelque chose, je me suis fait cueillir. Sans parler des quelques fois où, comme les personnages, je n'ai rien vu venir.

Peu à peu, pourtant, les zones d'ombres se révèlent, le puzzle se reconstitue. L'ambiance joue sur des nuances de tensions et de possibles résolutions, d'angoisse, d'oppression. La traque emporte le lecteur dans un rythme de plus en plus rapide. Ce diable de roman est déjà difficile à reposer dès les premières pages et ça ne fait qu'empirer. Hier, je n'avais de hâte que de rentrer chez moi le soir pour, enfin, pourvoir finir les quelques 150 pages qui me restaient. Je les ai dévorées, comme tout le reste de ce thriller impressionnant, jusqu'à la dernière. 

Quand j'en ai eu terminé, j'ai reposé le livre devant moi et je n'ai eu qu'un mot : "waow !"

Le court teaser vidéo met bien dans l'ambiance. Dommage qu'il soit si court !

Quand je l'ai vu à Wavrin, Sire Cédric m'a dit qu'il avait passé beaucoup de temps sur ce nouveau roman, plus que d'habitude. Il a particulièrement soigné son intrigue, ses rouages et ses ramifications. Qu'il se rassure : ça se sent ! La mécanique est puissante, très bien huilée. L'enchaînement est surprenant et fluide. Le lecteur est désorienté sans être perdu, on ne perd jamais l'intérêt pour l'histoire ou les personnages. Le tout est servi par un style d'une grand fluidité, efficace, qui maintient en permanence les yeux du lecteur grand ouverts. C'est toute la force d'un bon romancier, on ne voit le fruit de ses efforts que dans la facilité de lecture qui en résulte.

Je n'ai que trop rarement eu l'occasion de lire un roman aussi immersif. J'avais trouvé l'enfant des cimetières très bon. Avec tes yeux est excellent, le genre de romans que je voudrais lire plus souvent. En entrant dans la collection "Sang d'Encre", chez Presses De La Cité, Sire Cédric s'ouvre la voie à un public plus large encore et, je lui souhaite, à une traduction dans davantage de langues. Sans l'ombre d'un doute, il le mérite largement. 

Pour ma part, Avec Tes Yeux rejoint le top 3 des romans qui m'ont le plus embarqué, aux côtés de "Marche ou crève" de Stephen King, et surpasse même "La Part Des Ténèbres" en intensité et en suspense. Un grand bravo à Sire Cédric.

Quand à vous, lecteurs et fans d'histoires sombres et captivantes, de thrillers haletants et de cauchemars imprimés sur papier, n'hésitez pas une seule seconde. Foncez, achetez et plongez ! Juste un détail : certaines scène ne sont pas à mettre sous tous les yeux. 



samedi 16 mai 2015

J'ai lu : Docteur Sleep par Stephen King.




Je ne dirais pas que ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un Stephen King, ce serait vous mentir. En revanche, ça faisait longtemps que je n'avais pas collé de plus ou moins près à l'actualité littéraire du Maître. La dernière fois, c'était pour Insomnies : sitôt trouvé en rayon, sitôt acheté, et presque sitôt lu. Bon, à l'époque, ma PAL était loin de me menacer d'ensevelissement.
Qu'est-ce qui m'a décidé pour Dr Sleep plutôt que 22/11/1963 ? Peut-être une simple question de format. Docteur Sleep est un pavé, 22/11/1963 une pierre de taille. Le dernier King un peu long que j'ai lu m'avait laissé une sensation de ventre mou, en plein milieu. J'avais un peu peur que ce soit à nouveau le cas.

Je vais tâcher de ne rien vous révéler sur les histoires et sous-histoires narrées par le Maître, parce que je m'en voudrais de vous gâcher le plaisir de la découverte de ce sublime roman. Car oui, ce roman est excellent, n'a aucun ventre mou et, quand on est plongé dedans, c'est comme s'il était aimanté à nos mains, magnétisant nos yeux. 

King a trouvé la méthode parfaite pour éviter les flashbacks et les Deus Ex : il raconte les moments de la vie de ses personnages qu'on a besoin de connaître dès le début, ce qui nous permet de nous familiariser avec eux tout de suite, de nous mettre à les apprécier ou à nous méfier d'eux et, surtout au début, de nous souvenir que le personnage de Dan Torrance vient d'un plus ancien roman intitulé The Shining. On entre ainsi peu à peu dans la vie de Dan, qui a survécu au même titre que sa mère. C'est un plaisir de le retrouver encore enfant, à peine plus vieux et King sait y faire pour nous rafraîchir la mémoire sans alourdir sa prose.



Peu à peu, les personnages se dévoilent. Les liens se créent en douceur, les années passent et le titre du livre nous est expliqué vers la fin du premier tiers. La lecture est toujours plaisante, le style de King, riche en verve et en images, fait mouche. Tout est fluide, on entrevoit ce qui va se dérouler, le lecteur se pose dans les starting blocks, prêt à l'accélération.

C'est à partir de là que le livre s'est rivé à mes mains. Jeudi dernier, vu que mon chat m'avait clairement signifié qu'il ne me laisserait pas écrire, je me suis mis à lire. Sur cette seule journée, j'ai dévoré un peu plus de 400 pages de ce roman (je l'ai lu en format poche, il en fait 760.) Partie après partie, chapitre après chapitre, j'étais en immersion dans le monde de King. Je voyais Teenytown et son petit train. J'imaginai les visages de Dan, Billy, du Docteur John - qui n'est pas le docteur sleep, c'est à peu près la seule information que vous tirerez de moi - d'Abra et de ses parents. Je voyais aussi très bien Rose Claque et tous les gens du Noeud Vrai. Et surtout, je vivais ce qu'ils vivaient avec une intensité exceptionnelle. Rarement livre m'avait autant agrippé par tous les atomes de mon être. 

King ne mise plus tant sur la peur et l'horrible qu'avant. Il joue aussi avec des sentiments plus doux, mais pas moins efficaces, bien au contraire. On s'attache tellement à ses personnages qu'on espère sincèrement qu'il ne leur arrivera rien d'atroce. Parce qu'on sait aussi, quand on a l'habitude de King, que s'il veut se lancer dans l'horrible, la torture et l'angoisse, il y arrivera sans mal !

L'histoire est à la fois prévisible dans ses étapes et sa progression globale - et aucun doute possible : c'est voulu - et en même temps, riche de rebondissements, de détails qu'on ne voit pas venir mais qui changent tout. Pourtant, tous les éléments sont là ! L'auteur nous a dit tout ce qu'on a besoin de savoir, aucun élément n'arrive à la dernière minute, en mode Deus Ex Machina. Non, on a tout. Mais on n'a rien vu venir quand même. 



Le seul bémol que je vais apporter à mon plaisir de lecture (très léger bémol, mais il existe quand même) concerne la fin. Je l'ai trouvée trop facile, en fait. C'est vrai que j'avais peur qu'il arrive malheur aux protagonistes auxquels je m'étais attaché. Mais si ç'avait été le cas, ça ne les aurait rendu que plus attachants encore ! Or là, il me semble que, malgré tout, ils s'en sortent avec un peu trop de facilité. Je ne dis pas que c'est une promenade de santé pour eux, mais de mon point de vue, ça aurait pu, ça aurait dû être un peu plus corsé.

N'en demeure pas moins que la fin fait du bien, King ferme les portes une à une, nous laisse avec des personnages grandis, enrichis, une page de leur vie se clôt quand d'autres se dévoilent. Il aurait matière à nous raconter encore d'autres histoires avec eux, s'il le souhaitait. J'ignore s'il le fera, mais le cas échéant, je les retrouverai avec plaisir.

Docteur Sleep est un roman maîtrisé, d'une fluidité peu commune, servi par un King qui a gagné en sensibilité sans sombrer dans la sensiblerie. Il sait toujours nous montrer les vies les plus belles mais aussi les plus poisseuses, nous emmener dans des univers glauques, malsains et nous les faire traverser sans qu'on perde leur parfum particulier. On vit ce roman plus qu'on ne le lit, on plonge dans son histoire tellement facilement que c'en est magique. Même si j'aurais aimé une fin plus corsée, plus hardue, ce n'est qu'un tout petit bémol accidentel et non sollicité au milieu d'une symphonie magistrale et envoûtante. 


Comme moi, ce chat est captivé !

À lire, tant pour ceux qui connaissent King que pour ceux qui ne le connaissent pas et souhaitent le découvrir. Et même si vous n'avez jamais lu ni vu The Shining, aucun problème, ça ne vous gâchera pas le plaisir. Je ne vois pas ce qui pourrait vous le gâcher, d'ailleurs ! 


samedi 18 avril 2015

J'ai lu : Rédemption par Bérengère Rousseau

La superbe couverture d'Aurélien Police

TITRE : Rédemption
AUTEUR : Bérengère Rousseau
ÉDITEUR : Éditions du Riez
Disponible en papier où en numérique, mais sans doute à commander, EdR étant un petit éditeur, leurs romans sont rarement en tête de gondole des libraires.

L'auteur : Bérengère Rousseau.

Quatrième de couverture :
Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière grand-père, son monde bascule. Comment accepter de vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.

Sur place, ils sont victimes d'un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la bataille des Ardennes. Noâm voit là l'occasion de restaurer l'honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l'histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?


Il n'est pas évident de donner son avis sur un roman sans en spoiler des pans entiers, je vais quand même essayer de le faire. Parce que Rédemption est un très bon roman et que je voudrais vous donner envie de le lire :)

Bérengère Rousseau publie ici son premier roman, qui n'est toutefois pas le premier qu'elle ait achevé. Celui-ci lui tient à cœur car, dans sa famille, on a connu la seconde guerre mondiale. On sent d'ailleurs que l'auteur s'est beaucoup impliqué dans l'écriture, il y a beaucoup de tensions et d'émotions au travers de ses lignes. Toutefois, tout est dosé avec subtilité, on ne tombe jamais dans l'excès de dureté ou de tendresse. C'est un des gros points forts de ce roman, car il aurait été facile de tomber dans l'étalage d'horreurs, surtout que la bataille des Ardennes de 1944 fut particulièrement dure.

Le début montre des personnages du quotidien face à une découverte de leur passé. Sans rien révéler, je dirais juste qu'il m'a manqué un peu de tension émotionnelle du côté du père, En revanche, Noâm est touché en plein cœur par sa découverte et n'entend pas se contenter des maigres éléments qu'il a en sa possession. On le sent curieux et motivé, mais aussi hésitant. Il a besoin de son ami Lucas, qui n'est pas personnellement impliqué par cette découverte et dont le sang-froid et le bon sens vont s'avérer indispensables. 

Le duo de personnages fonctionne à merveille, les dialogues sont bien construits et crédibles, on ressent le fort lien qui les unit. Dès que les événements se précipitent, c'est pourtant Lucas qui prend le dessus sur Noâm. Si cela permet de faire plus ample connaissance avec ce personnage intéressant, les raisons qu'emploie l'auteur ne m'ont pas entièrement convaincu. Rien de bien grave toutefois, car nous entrons au cœur de l'histoire, et même de l'Histoire. La tension est présente, palpable, les deux jeunes hommes marchent sur des œufs dans un contexte de 1944 qu'ils ne maîtrisent qu'en théorie... Et encore ! 

L'auteur joue de finesse et de subtilité pour nous permettre de vivre quelque chose que l'on connaît sur le papier, avec des ingrédients inédits. L'histoire prend un tour surprenant tout en répondant à ce qu'on en attend. On trouvera même dans les lignes de Bérengère des figures historiques du nazisme et de la collaboration Belge. Car oui, tout ce roman se déroule en Belgique et nous permet, en plus, de mieux découvrir cette douloureuse page de l'histoire de nos voisins.

Les événements s'enchaînent, obligeant les personnages à faire preuve de ruse, de finesse et de malice pour rester en vie. Les plans s'échafaudent tant bien que mal, les blessures viennent amoindrir les personnages et Noâm doit faire de son mieux face à des nazis redoutables. Le contexte de l'époque est bien rendu, cet univers sombre et désespéré de l'hiver 1944 nous prend aux tripes. L'auteur montre ici toute son habileté en nous dépeignant ce passé atroce sans nous donner la nausée. Le roman est accessible au plus grand nombre, vous ne risquez pas ici d'y trouver de scène de torture, de génocide ou de charnier. On ne garde que cette ambiance sombre, bien mise en lumière, ainsi que la suspicion omniprésente des uns envers les autres, car il est toujours question ici de collabos et de résistants.

La fin de l'histoire accélère un rythme déjà bien géré. Comment faire pour rentrer en 2014 ? L'auteur trouve une réponse crédible et nous ménage une surprise dans la lignée de l'histoire qu'elle nous a raconté jusqu'ici. C'est bien trouvé et bien exécuté. Je pense que, comme moi, vous aimerez cette fin toute en subtilité et émotion contenue. 

Pour un premier roman publié, Bérengère Rousseau réussit un pari compliqué. Pas évident de jongler avec les événements de l'Histoire sans plonger dans le pathos ou l'atroce. Pas évident de manier le thème du voyage dans le temps, déjà si souvent employé. Pas évident de raconter une histoire où les sentiments sont forts sans tomber dans les excès. C'est grâce à une écriture maîtrisée, une histoire solide et bien pensée et une ambiance très bien dépeinte qu'elle y parvient. Je lui tire donc mon chapeau et je guetterai avec intérêt ses prochains romans. 

En attendant, je vous conseille vivement celui-ci !

mercredi 15 avril 2015

J'ai lu : Moisson d'Épouvante



S'il y avait bien une anthologie que je devais lire, c'était celle-ci ! 
Pourquoi ? Oh, si vous posez la question c'est que vous ne me connaissez pas. Première fois que vous venez par ici, hein ? Alors, laissez-moi éclairer votre lanterne.
Mesdames et messieurs, bonjour. Mon nom est Francis Ash. Auteur amateur, lecteur à mes heures, accro aux frayeurs, aux horreurs, à la terreur, la noirceur, la douleur, tant que toute ces douceurs restent littéraires, bien entendu. 

J'ai eu la chance de trouver Moisson d'Épouvante lors du dernier Trolls & Légendes. Frédéric Livyns, auteur de la première nouvelle mais également récipiendaire à deux reprises du prix Masterton catégorie Nouvelles (2012 pour les contes d'Amy et 2015 pour Sutures) m'a dédicacé son récit. 
Je m'attendais à du haut niveau, car je me souvenais que lors de la sortie de cette anthologie, un certain Sire Cédric l'avait beaucoup appréciée.




Je n'ai pas été déçu ! Le recueil est plutôt homogène en terme de qualité d'écriture. Chaque auteur a sa personnalité propre, sa patte, sa verve. Ces essences ont été préservées par l'anthologiste Yves-Daniel Crouzet, les textes retenus sont variés. On passe de l'horreur moderne à l'épouvante plus classique, du récit noir et oppressant à l'humour grinçant, toujours avec originalité et qualité. 

Passer en revue chacun des textes serait à la fois fastidieux et donnerait un atroce effet "catalogue" dont je ne raffole pas. Aucun texte n'est mauvais ni même médiocre. Dans chacun d'eux, on trouve une ambiance particulière, une façon de raconter l'histoire avec plus ou moins de rythme, du frisson. Le reste n'est qu'une question de goût, pour ma part. Car bien sûr, au milieu de tant de diversité, certains textes m'ont davantage plu que d'autres. Donc, si vous êtes un des auteurs présent dans l'anthologie et que je ne vous cite pas en coup de cœur, n'en déduisez surtout pas que votre nouvelle ne fonctionne pas ou qu'elle n'est pas bonne. Juste qu'elle m'a un peu moins séduit que celles dont je vais parler.



J'ai apprécié en particulier "Nettoyage de printemps" d'Élodie Beaussart pour l'ambiance qu'elle distille page après page, ses deux personnages principaux, en particulier Lucile et son caractère bien trempé. J'aime aussi cette intrigue qui monte en puissance, tout doucement, titillant l'imagination du lecteur. On se pose de nombreuses questions, on échafaude, mais on ne devine pas la fin, très bien trouvée. 



"La mémoire des Cactus" de Sébastien Eres m'a également beaucoup plu. Les personnages sont vivants à souhait, les dialogues très efficace et l'ambiance s'assombrit au fil du récit. J'aime quand une nouvelle me donne cette impression de commencer comme une journée tout à fait classique pour virer peu à peu au cauchemar inattendu. L'intrigue est bien tissée, on pense en deviner les étapes suivantes, mais on ne mesure pas l'ampleur de ce qui arrive à Johan et Sylvia. Là encore, la fin a su me surprendre tout en restant dans la logique du fil tissé par l'auteur.



Le "Minou" de Neil Jomunsi m'a beaucoup plu par son ton un décalé, assez désinvolte. Présenté comme une tranche de vie, teinté d'humour un peu grinçant, c'est une des nouvelles les plus courtes. Elle n'en est que plus efficace, à la fois effrayante et désopilante.



"Under the Bridge" de Philippe Goaz - titre qui m'a forcément fait penser aux Red Hot Chili Peppers mais qui n'a rien à voir - est une nouvelle qui parodie les vampires et fonctionne à ravir. Humour noir, jeux de mots et situations décalées fonctionnent à merveille. 



"Brainstorming" d'Alexandre Ratel m'a plu et surpris par l'univers qu'il décrit d'emblée et ce décalage entre l'ambiance extérieure et ce qui se déroule à l'intérieur du bureau, lieu principal de l'action. Le "client" pour lequel travaillent Richard et "Jerry" est cocasse, à mi-chemin entre un méchant de Stephen King et un des membres de l'équipe de Dutsh dans "Prédator". 

Ces nouvelles sont mes cinq coups de cœur, celles qui m'ont plu un peu plus que les autres. 

En réalité, la seule qui m'ait moins plu, car ne racontant pas vraiment d'histoire, est "Typologie des Ténèbres" de François Fierobe. Certes, l'idée est intéressante et se tient, mais n'ayant aucun personnage décrit pour donner vie au propos, je l'ai lue plutôt comme un essai, quelque chose de presque didactique. 

Cette anthologie m'a tenu compagnie pendant trois soirées, le temps que je dévore tranquillement ces histoires à faire frissonner et à chatouiller l'imaginaire. La récolte 2014 est un très bon cru, j'ai hâte de voir ce que donnera celle de 2015. Bravo aux auteurs et à l'anthologiste pour ce très bon moment de lecture, comme il en faudrait davantage !

vendredi 10 avril 2015

Indécence !

C'est le premier mot qui m'est venu à l'esprit quand je me suis retrouvé face à ma bibliothèque. Parce que dans ses rayonnages se trouve une majorité de romans ou recueils que je n'ai encore jamais lus !

Après mon passage à Trolls et Légendes le week-end dernier, la situation s'est encore dégradée puisque j'ai fait l'acquisition de 7 nouveaux livres. Ils m'ont tous donné envie de les lire, ces bougres-là. Les auteurs sont de puissants démons, vils et tentateurs, qu'on se le dise ! En tout cas, je vais déserter ma télé - que je ne regarde déjà pas beaucoup - pendant quelques temps.



Puisque je dispose maintenant d'un endroit confortable et paisible, je vais arrêter de jouer à Diablo III et me pencher sur ces superbes romans et recueils qui me tendent les pages. Difficile de choisir par lequel je voulais commencer, mais mon calendrier d'écriture m'a donné l'orientation dont j'avais besoin. J'ai donc commencé le recueil "Moisson d'Épouvante" édité par Dreampress. J'avais eu le plaisir de lire quelques une des nouvelles qu'il contient sur la Mare, mais je voulais ce recueil dans son intégralité. Je vous en parlerai donc bientôt ici.



Mais je ne vous ai parlé ici que de ma PAL papier... Ma PAL dématérialisée est tout aussi conséquente, tout aussi alléchante aussi. Il me faudra plusieurs années pour en venir à bout, compte-tenu de mon rythme de lecture, digne d'un escargot arthritique. Qu'importe ! Selon les statistiques, il doit me rester une quarantaine d'années d'espérance de vie, ça devrait être suffisant :)

Donc, attendez-vous à lire ici et bientôt plusieurs chroniques, exercice qui me plaît beaucoup et auquel je ne me suis que trop peu adonné.



dimanche 8 février 2015

#JeDeclareMaFlamme à De l'autre côté du mur par Agnès Marot

#JeDeclareMaFlamme



Par moments, le hasard fait étrangement les choses. 
Je parcourais les innombrables sujets de mon forum préféré, à la recherche d'œuvres à suspense, angoissantes voire un peu horrifiques, quand je tombai sur un extrait de "De l'autre côté du mur", d'une certaine Agnès Marot (que je ne connaissais que par son pseudonyme).
Angoissant ? En aucun cas.
Horrifique ? Sauf à considérer la danse classique comme le sommet de l'épouvante, non, vraiment pas.
Mais une écriture magnifique, une façon d'emmener le lecteur dans son univers telle que je n'ai pas résisté. 
Je me suis alors rendu sur le site de l'auteur, qui offrait les toutes premières pages du roman. J'étais absorbé par cette écriture incroyable, qui parvenait à me faire vivre comme si j'y étais une scène où la jeune héroïne danse. En sachant bien sûr que la danse et moi ne sommes pas exactement très proches.

Il y avait prise d'otage ! Je jouai le jeu et achetai le roman d'Agnès.


Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses sœurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu'elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde.
Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?
Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L’aidera-t-il à franchir l’enceinte qui délimite l’univers qu’elle a toujours connu ? 
Découvrez le mystère qui se cache là-bas, de l’autre côté du mur…


Dès les premières pages, passé l'extrait qui m'avait happé, je découvrais un monde très intelligemment conçu et travaillé par l'auteur. J'allai de surprise en surprise au fil de ma lecture, toujours ensorcelé par la plume d'Agnès. 
Des sourires, des craintes. Du suspense, aussi, car à de nombreuses reprises, je me demandai comment Sibel allait s'en tirer. Aucune grosse ficelle, que de la subtilité, un scénario travaillé, bien huilé. Des personnages superbes, touchants, attachants. Finalement, tous les ingrédients que j'affectionne étaient réunis.
Pourtant, je n'étais pas du tout dans mes univers de prédilection. Arrivait déjà la fin, spectaculaire, à la hauteur des découvertes égrenées au fil des chapitres. Quelle claque !

Je déclare ma flamme à ce roman et à la plume d'Agnès car j'ai adoré cette découverte. Bien sûr, Agnès a écrit d'autres romans, ils sont dans ma PAL. Bientôt, la préquelle de "De l'autre côté du mur" sortira, toujours aux éditions du Chat Noir. J'ai eu la chance de pouvoir en lire plusieurs extraits et je peux vous dire que ce prochain roman s'annonce au moins aussi bon ! Hâte de l'avoir en main.



Vous pouvez découvrir l'univers d'Agnès Marot sur son excellent blog, sur son site d'auteur et sur sa page facebook où elle donne très régulièrement des informations. Ou fait d'insupportables teasings. Agnès participe régulièrement a des salons, que ce soit en région parisienne où ailleurs, l'occasion pour vous de vous faire dédicacer ses romans et de découvrir son incroyable collection de tampons ;)



vendredi 6 février 2015

#JeDeclareMaFlamme : l'enfant des cimetières de Sire Cédric

#jedeclaremaflamme




Puisqu'il s'agit de parler des coups de cœur littéraires, je ne peux pas ne pas parler de cet excellent roman.

Depuis plusieurs années, j'entendais parler de ce Sire Cédric. Compte tenu de son nom de plume, j'étais convaincu qu'il écrivait de la Fantasy. J'imaginais une saga de plusieurs tomes, dans laquelle je n'avais pas envie de m'immerger, moi qui lit très - trop ! - peu.
Puis, un jour que j'avais le temps, j'ai cherché à en savoir plus. Le nom de ses romans m'évoquait davantage des thrillers que de la fantasy. Voyant que les critiques étaient à peu près unanimes à encenser son oeuvre, je décidais d'en acheter un. Je commençai par le premier : l'enfant des cimetières.


"Un fossoyeur vivant près d'un cimetière est pris d'une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avec un fusil à pompe avant de se suicider. Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d'un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre. Plongé dans cette épidémie meurtrière, David, photojournaliste et compagnon de Kristel, décide de mener l'enquête. Avec l'aide d'Aurore, une jeune collègue ambitieuse, et du commandant de police Vauvert, ils vont être bientôt confrontés à l'inimaginable. Meurtres sordides et suicides pour le moins étranges s'enchaînent sous les yeux terrifiés des trois enquêteurs. Nathaniel, aussi insaisissable que
maléfique, n'est pas un jeune homme ordinaire... L'enfant des cimetières prend un plaisir manifeste à tuer, à prolonger l'agonie douloureuse de ses victimes. Homme ou démon ? Rien ne semble pouvoir l'arrêter dans son abominable quête. David, qui n'a plus rien à perdre, est prêt à tout pour venger Kristel, quitte à suivre Nathaniel jusqu'en enfer."


L'introduction me mit directement dans le bain, sans équivoque. J'avalai les pages, je n'avais pas lu avec autant d'avidité depuis longtemps. Personnages travaillées, dialogues expressifs, efficaces, ambiance soignée et intrigue bien construite, absolument tout ce que j'aime. Mon intérêt gravit des paliers supplémentaires avec l'évocation de mythes sumériens, puis avec l'entrée en scène d'un certain Vauvert, personnage diablement réaliste et accrocheur.
Il ne m'a fallu qu'un week-end pour dévorer l'Enfant des cimetières. Je me souviens qu'en fermant le fichier - parce que oui, je l'ai pris en version numérique - j'ai dit à ma chérie : il faut que tu lises ce bouquin !
Elle m'a écouté, et aussi convaincue que moi par le talent de Sire Cédric, elle a emprunté ou acheté les autres romans. 

On dit que Sire Cédric est le Stephen King français. C'est vrai sans l'être. 



J'acquiesce à ce raccourci en terme d'efficacité de la narration, d'ambiance, de travail des personnages et de capacité à immerger le lecteur. Le jeune toulousain n'a pas à rougir de la comparaison avec le vieux maître du Maine.
Mais King joue sur différents registres, alors que jusqu'ici, Sire Cédric est resté fidèle au thriller fantastique. En fait, il construit davantage ses romans comme des polars, en conservant les mêmes héros. 
Le changement de ligne éditoriale par le Pré Au Clerc a sans doute contribué à retarder la sortie du nouveau roman de Sire Cédric, habitué à en sortir un par an. Mais j'attend ce nouveau roman avec impatience, d'autant que cette fois, le toulousain a annoncé qu'il laissait de côté Vauvert et Svärta.
Et surtout, dès que j'aurai le temps, moi aussi je lirai ses autres romans. Ils sont en haut de ma volumineuse PAL.



Découvrez-le, et n'hésitez pas à parler avec lui en salon si vous le croisez, car non content d'être talentueux, il est sympa et ouvert ;)
En attendant, vous aurez des infos sur son site officiel ou sa page Facebook




samedi 11 octobre 2014

Challenge Francofou : Fortune cookies par Silène Edgar



Ce nouvel article s'inscrit dans le cadre du challenge Francofou, qui me donne l'occasion de faire la promotion des romans de SFFF francophone qui m'ont plu. 
N'hésitez pas à vous rendre sur leur site pour en savoir plus.


Je vais donc vous parler aujourd'hui de Fortune Cookies, brillamment écrit par Silène Edgar.
Ma chérie l'avait lu avant moi, et elle avait beaucoup aimé. Elle n'est pas rentrée dans les détails, à ma demande d'ailleurs ;)


À mon tour je l'ai lu, et avec le recul, je peux affirmer que c'est un de mes coups de cœur de l'année. 
 Fortune cookies est un roman qui se laisse dévorer tout seul. En terme de format on est proche des petites friandises que nous offre Amélie Nothomb, mais en terme de contenu on est sur tout autre chose. 
J'ai adoré la façon dont Silène nous introduit ce personnage du quotidien, tout ce qu'il y a de simple et normal de prime abord et qui peu à peu va se révéler, se dévoiler et nous offrir ses trésors. C'est clairement Blanche qui porte le récit à bout de bras, et avec une déconcertante facilité. Elle nous embarque sur son petit radeau qui dérive sur l'océan de sa vie, apparemment calme. Jusqu'à ce que les éléments s'animent, que la tempête se mette à gronder et se rapproche. 
Là, par la magie de l'auteur, le petit radeau devient une arche, et on embarque à bord sans s'en apercevoir. Parce que Blanche, c'est un peu chacun de nous. Je ne suis pas mère de famille, je ne suis même pas une femme ! Mais je la comprend, je partage avec Blanche ce passé agité, rêveur et protestataire qui se mue en quotidien calme, anesthésié par la vie. Je me dis que je pourrais faire comme elle dans la même situation. Le récit prend aux tripes, avec un style fluide et d'une rare efficacité, composé de mots qui tombent justes au bon moment. On ne voit pas les pages défiler, on pourrait en lire le double, le triple... 



Et voilà cette fin. Cette fameuse fin que ma chérie m'a décrite comme "frustrante". Assurément, oui, elle l'est. Mais en même temps, c'est la fin qu'il fallait pour un roman comme celui-ci, je pense que je n'aurais pas accepté d'en lire une autre. 
Enfin, la trame narrative est superbement bien trouvée. On oscille entre le monde "d'avant" et le monde "d'après" en permanence, et peu à peu on recolle les morceaux. Diablement efficace !
Le gros plus de ce roman, c'est que Silène crée ainsi une réalité alternative qu'il serait tout à fait possible de réutiliser. Quand j'ai eu fini ma lecture, j'avais plein de questions dans la tête sur ce qui s'est passé, pourquoi, comment, toutes ces zones d'ombre qui restent dans les profondeurs des ténèbres, tout simplement parce que Blanche n'arrive pas à les percer. Du coup j'espère bien que Silène Edgar a prévu de réutiliser cet excellent univers, effrayant car crédible.

Juste un détail (ATTENTION SPOILER !) :
l'histoire du cours du pétrole qui grimpe en deux jours à 2000 dollars le baril. Il se trouve que je suis les marchés depuis pas mal d'années, je me suis amusé à analyser les krach boursiers, leurs causes, leurs conséquences et leurs différents visages. Un cours qui se multiplierait par 20 en 2 jours me semble tout bonnement surréaliste. Qu'il double en deux jours, et que dans le même temps l'Euro s'effondre, accentuant la montée du prix à la pompe, ça oui je peux le concevoir. Disons que le prix se trouverait alors multiplié par 4, grand maximum. Après, les choses peuvent continuer à empirer, cela va sans dire. Cela dit, c'est accessoire, ça fait partie d'un ensemble d'événements qui, pour le coup, sont parfaitement crédibles, donc pas de souci majeur.

En bref : à lire d'urgence !

Silène est également auteure d'une trilogie d'anticipation post-apocalyptique pour la jeunesse : La trilogie de Moana. Le premier volume, La Saveur des figues, paraît en 2010, puis Le Bateau vagabond, en octobre 2011 et À la source des nuages, paru en novembre 2013.


Elle est aussi co-auteur avec Paul Beorn de 14-14, roman jeunesse qui a reçu le prix Gulli 2014.
Dernièrement, Silène a sorti Féélures, un texte burlesque sur les fées de Brocéliande, avec quelques considérations politiques, philosophiques et psychologiques qui se mêlent aux jeux de mots les plus féelés qu'elle a pu trouver.


jeudi 9 octobre 2014

Challenge Francofou : Les Derniers Parfaits (Paul Beorn)



Celles et ceux qui suivent ce blog régulièrement commencent à le savoir : je soutiens autant que je le peux la diffusion et la reconnaissance de la SFFF francophone. Je pourrai vous citer des dizaines de raisons pour ça, mais je ne vous en donnerai qu'une : parce qu'elle le vaut bien !
Le challenge Francofou s'inscrit dans cette optique : parler de livres de SFFF francophone et donner envie à d'autres de les lire. N'hésitez pas à vous rendre sur leur site pour en savoir plus.

Je vais profiter de cette initiative pour vous parler d'un roman que j'ai beacuoup aimé et qui m'a mis une bonne petite claque : Les Derniers Parfaits de Paul Beorn.




Quatrième de couverture :
Dans le royaume de France ravagé par la guerre contre les légions catharis d’Occitania, Cristo, un soldat prisonnier, échappe à ses geôliers enchaîné à trois compagnons d’infortune. Les quatre fuyards que tout oppose doivent s'entraider pour survivre, contraints de se cacher puis d'emprunter les chemins de traverse. Commence alors pour eux une haletante course-poursuite à travers un pays ennemi dominé par des démons et vivant sous le joug d’une Église catharis fanatisée. Ici, dans les vestiges d'un antique Empire disparu, une magie ancienne continue de survivre dans des talismans et d'immenses tours-statues. Au coeur des forêts profondes et des montagnes déchiquetées des terres occitanes, pris dans le fracas des combats, Cristo et ses compagnons prendront conscience de porter en eux un pouvoir insoupçonné. Ils verront leur destin basculer et le monde trembler sous leurs pas.



Au début, j'étais surtout intrigué par le titre de l'oeuvre. Je ne parvenais pas du tout à comprendre à quoi il renvoyait, ce qui pouvait se cacher derrière. Alors, je me suis décidé à le lire, intrigué.
Très vite, je me suis laissé happer par l'histoire. Contrairement à ce que prétend le 4ème de couverture, Cristo n'est pas soldat. Mais je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, car un des grands intérêts de ce roman réside dans la découverte, pas à pas, de ses protagonistes. Tous quatre sont attachés par une chaîne que rien ne semble pouvoir détruire. Ils sont donc obligés de faire front commun pour trouver une solution à leur problème, malgré leurs différences et parfois leurs divergences d'opinion. 

L'histoire démarre de manière originale et nous entraîne, petit à petit, dans la découverte d'un monde riche et complexe, mais facile à assimiler pour le lecteur. Beorn a choisi un cadre uchronique, dans lequel il a incorporé de nombreux éléments. En particulier la magie ! 
Sans entrer dans les détails, toujours pour ne pas vous gâcher la découverte, celle-ci est très présente sans jamais être étouffante. Il y a plusieurs sortes de magie, qui sont utilisées au fil du roman avec une grande finesse. On enchaîne les découvertes, les révélations, et très vite, on est emporté par le roman, son souffle épique, l'aventure qui s'échappe des pages pour s'installer devant notre Troisième Oeil, celui du lecteur qui visualise le décor que l'auteur a planté.

La montée en tension est progressive, l'univers s'étoffe et nos quatre personnages se révèlent, riches et fouillés. L'épisode des "maisons de jeunesse" est un des moments les plus forts du roman. Beorn sait nous les décrire de l'extérieur comme de l'intérieur et ce qui s'y passe ne pourra pas vous laisser insensible.

Je pourrai vous parler de ce roman pendant longtemps, mais je finirai par en dire trop. Il vaut mieux vous dire que c'est un pur roman de fantasy, très bien écrit, dans lequel on se plonge avec plaisir et dont on ressort avec des images et des souvenirs pleins la tête. Le climat est parfois sombre, mais il y a toujours une lueur d'espoir.
Et mention spéciale pour un lacet et un lionceau.

Dernier détail : quand j'ai lu ce roman, il n'existait que dans son édition initiale, grand format... Avec une police de caractère bien trop petite ! 
Depuis, et fort heureusement, Les Derniers Parfaits est sorti chez Helios, la collection "poche" de Mnémos. La police y est un peu plus grande et espacée, ce qui rend la lecture bien plus agréable. Enfin, cet excellent roman existe également en numérique, ce qui résout définitivement le problème de la taille de la police. 



Paul Beorn est également auteur d'autres romans, comme le dyptique "La pucelle de Diable Vert", "14-14", un très bon roman jeunesse coécrit avec Silène Edgar, et dernièrement "Le club des chasseurs de fantômes", également un roman jeunesse en attendant son prochain livre, qui se destinera à nouveau a un public adulte.