mardi 24 juin 2014

Une belle journée d'auteur

J'aime bien les journées comme celle-ci.

J'ai commencé depuis quelques jours la rédaction de mon nouveau roman, Essence d'asphalte. Depuis que j'ai commencé, je sens que j'ai un peu de mal à reprendre l'habitude d'un format long (je n'ai écrit que des nouvelles ces derniers temps). Je me suis forcé à avancer, pour amorcer le mouvement. Si je ne fais rien, l'opération du saint esprit n'écrira pas à ma place. Mais jusqu'à hier, c'était plus pénible qu'autre chose.
Et ce matin, par magie, la situation s'est débloquée. J'ai écrit une scène en mode automatique, et j'ai pu planifier les quatre prochains chapitres.

Comme un bonheur n'arrive jamais seul, j'ai également appris qu'une de mes nouvelles était retenue pour l'AT auquel je l'avais envoyée ! Je vais donc avoir le plaisir de retravailler mon récit grâce à l'aide du comité de lecture, expérience qu'il me tardait de connaître. Et bien sûr, cela me permettra de voir ma nouvelle publiée (je vous communiquerai la date de parution dès que je la connaîtrai précisément).

Jusqu'ici, tout va bien :)

lundi 16 juin 2014

Spiritus in musica.

J'adore la musique. Qu'il s'agisse de l'écouter ou d'en jouer, le plaisir est différent mais tout aussi intense. Et sans entrer dans les détails, je peux vous dire que ça ne date pas d'hier !

En revanche, ce que j'ai découvert récemment, c'est que certaines chansons parviennent à m'inspirer des récits. Au début, ce sont les paroles qui m'évoquent un thème, ou un récit. Puis, par la magie de l'imagination (la plus puissante magie au monde, n'en doutez pas !) Un mélange mystérieux se fait entre les paroles et la musique... Et là, la magie opère ! 

Voici quelques-unes des chansons qui m'inspirent ou m'ont inspiré certaines de mes nouvelles :

Fiddler on the green de Demons & Wizards

My last sunrise  de Demons & Wizards également

Hotel California le tube planétaire du groupe Eagles

Plug in baby de Muse

Et j'en passe ! Car ce qui est drôle, c'est que plus j'écoute ces chansons, que je connais par coeur depuis des années, plus j'en trouve qui me racontent des histoires !
Vu ma collection de CD, ça fait une sacrée source ;)

Et vous, ça vous le fait aussi ?

mardi 10 juin 2014

Comment tuer les auteurs ?

Beaucoup de despotes, au travers les âges, se sont posés cette question.
Beaucoup de despotes ont organisé des déportations d'intellectuels, des autodafés et autres horreurs pour faire taire ceux qui pensent et écrivent, que ce soit des vers, de la prose ou de la BD.

Jusqu'ici, rien n'a fonctionné ! Les auteurs ne craignent pas la mort.

Finalement, il se pourrait qu'un régime bien républicain y parvienne ! 
Non, ce n'est pas une de mes nouvelles fictions (j'ai l'esprit tordu, je vous le concède, mais pas à ce point-là.) 
Non, ça ne se passe pas dans une pseudo-république a quelques milliers de kilomètres d'ici.

C'est maintenant, ici et aujourd'hui.

Comment fait-on pour tuer les auteurs ? Pas dur : on leur coupe les vivres. Concrètement, dans notre beau pays, cela consiste à ne pas leur appliquer le taux de TVA réduit auquel toute la chaine du livre a droit, puis à obliger les auteurs à payer 8% pour alimenter une caisse de retraite complémentaire.
Donc bientôt, les petits auteurs qui essayent de vivre de leur art et gagnent moins que le SMIC (99% d'entre eux, donc) ne pourront plus en vivre et devront reprendre le chemin de Pôle Emploi. Leur écriture deviendra donc un loisir, leur productivité va forcément et fortement baisser. Quant aux gros auteurs, les rares qui vivent confortablement, écoeurés, ils vont soit poser leur plume, soit aller exercer leur art sous d'autres latitudes... 
Bien entendu, cela va se répercuter sur les éditeurs, qui privés d'une partie de leurs ouvrages à vendre vont disparaître ou licencier à tour de bras. Le tout dans un silence feutré, parce que les auteurs ne bloquent pas les routes, ne paralysent pas les transports en commun donc on ne les voit pas, on ne les entend pas... Ou on ne lit pas les nombreux articles et posts qui pullulent sur le web à ce sujet.

Je vous invite cordialement à lire cet article qui vous en dira plus à ce sujet, et vous donnera d'autres liens. Je n'avais pas envie de reproduire bêtement ce que quelqu'un a créé intelligemment, et je veux que sa page ait un maximum de visites parce qu'elle le mérite.

Ah, et dernière recette pour bien tuer les auteurs : garder le silence.
Ce scénario ne vous plaît pas ? Vous savez donc quoi faire ;)


samedi 7 juin 2014

Muse a dit...

C'est presque toujours comme ça. Je suis au calme, je viens de finir un récit que je laisse reposer avant de le peaufiner, et tranquillement je me prépare à en entamer un autre. Je suis donc en phase de repos.
Au point qu'en fait, j'étais couché, musique dans les oreilles, en train de somnoler.

Et qui est-ce qui débarque bruyamment, avec buccins et trompettes ? Mme Muse ! Je la vois arriver au loin. Cette fois, elle est montée sur un char antique, et porte une armure rutilante. Elle sait choisir ses vêtements en fonction des idées qu'elle m'amène. Je suis entre une nouvelle d'anticipation et un roman fantastique, donc son accoutrement m'intrigue !



- Qu'est-ce qui t'arrive, Muse ?
- Tu te souviens, tu voulais une idée pour un AT ?
- Euh... Oui, en fait j'en cherche quelques-unes, mais rien avant la fin de l'année !
- Ben oui, mais voilà, j'ai déjà trouvé ! s'exclame-t-elle toute joyeuse en sautant de son char.
Je la regarde de pied en cap. Elle porte le casque militaire des phalanges d'Athènes, le char semble d'époque, mais son armure est soigneusement ajustée, elle offre une découpe très arrondie, et si ça c'est du bronze, moi je suis la Reine Mère. Aucun rapport avec mes travaux en cours !
- Euh... Tu sais que je suis carrément sur autre chose, là ? m'agacé-je.
- Oui oui, je sais... Bon ben tu prends des notes et tu l'écriras plus tard. Regarde ce que je t'amène tu vas adorer !

Je ne peux pas lutter contre Muse. Et puis, ça ne se fait pas ! Elle m'offre des idées sur un plateau, je n'ai presque plus qu'à les rédiger, la plupart du temps.
Mais elle a un sérieux problème de timing ! Ses concepts tombent toujours comme des cheveux sur la soupe. La dernière fois, j'étais au restaurant de mon entreprise en train de manger une pizza, quand patatras, elle m'a envoyé une histoire d'océan ! Et aujourd'hui, voilà qu'elle déboule alors que je me repose en attendant d'aller visiter une maison. Parfois, j'ai sérieusement envie de l'envoyer paître... Mais si elle se vexait et ne revenait plus ? Que ferais-je sans elle ?

- Bon... De toute façon, c'est pas comme si j'avais le choix, pas vrai ? finis-je par répondre de mauvaise grâce.
- C'est bien que t'aies fini par comprendre ça. T'as mis le temps, quand même ! me répond-elle avec un clin d'œil complice.

Et la séance commence. C'est comme au cinéma ! Je ferme les yeux et Muse envoie les bobines. Il manque parfois des séquences, c'est un peu hésitant par endroit, mais le gros du travail est fait. J'ai un point de départ, une histoire à raconter, la thématique de l'AT est respectée et ça me semble assez original. Séduit par son idée, je la remercie.



- Par contre, tu peux prendre des vacances, tu sais ! Là j'ai de quoi m'occuper pour…
Son regard devient agressif. Je m'interromps, laissant ma phrase en suspend.
- Ecoute-moi bien, le gratte-papier : je reviendrai quand j'aurais envie. Tu regarderas ce que j'ai à te montrer au moment où je le dirai. Vu ?
Je déglutis en silence et j'acquiesce… Son regard pèse sur ma misérable tête quelques instants de plus, puis sans un mot, elle repart comme elle est venue, laissant une traînée lumineuse derrière elle.


Voilà, maintenant vous savez que je ne suis que l'esclave de Muse. Mais je suis certain que je ne suis pas le seul auteur dans ce cas-là... N'est-ce pas ? Hein ? Non mais rassurez-moi, coâ ! :ronge:

vendredi 6 juin 2014

L'art de gérer la taille de ses récits...


... est un art que je ne maîtrise pas encore !

Hier, j'écrivais avec entrain ma dernière nouvelle. Je me sentais à l'aise dans les chaussures de mon personnage, je nageais dans mon univers et faisait avancer pas à pas mon histoire. Quand le moment de cesser d'écrire pour débuter mon activité professionnelle, je m'envoyai mon fichier. Comme tous les jours, coup d'œil sur le compteur du nombre de signes... Plus de 39 000.
J'ouvris des yeux effarés. Comment se pouvait-il que j'en sois déjà là, alors que la veille je dépassais à peine les 25 000 ? Le nombre de pages rédigées pendant mes deux petites heures me confirmait qu'il y avait une erreur quelque part. Je ne tardai pas à comprendre que, la veille, j'avais regardé le mauvais compteur, celui qui indique le nombre de signes sans les espaces ! Je pestai sur l'existence de cette ligne dans les statistiques de Word, car elle ne sert jamais à rien. Dans notre jargon d'auteurs, on parle soit de nombre de mots, soit de signes espaces comprises.




D'un doigt fébrile, je m'envoyais mon fichier. Je prévoyais d'envoyer ma nouvelle pour un AT qui demande de ne pas dépasser les 40 000 signes espaces comprises... Et bien entendu, mon histoire n'était pas terminée (ce serait trop simple, allons !)
J'envoyai ma prose à Mme Ash. Son œil expert et critique pouvait me dire s'il y avait des longueurs et des lourdeurs, car moi, je n'en trouvais pas. Son verdict fut semblable au mien, et l'effroi s'installa plus dans mon esprit comme sur un sofa moelleux. Comment pouvais-je finir en 1000 signes mon histoire ? C'était tout bonnement impossible.



Ce matin, je rouvrais mon fichier, décide à terminer mon premier jet sans précipiter quoi que ce soit. Deux heures plus tard, ma mission était accomplie, mon fichier accusait un poids de 51 kilos-signes à la pesée. Je regardai l'AT que j'avais envisagé, levai la main droite et lui disait au-revoir, une larmichette au coin de l'œil.... Puis me rappelai que d'autres AT existent et que quelques éditeurs acceptent les nouvelles à l'unité. M. Effroi en fut éjecté de mon esprit, avec perte et fracas, et Mme Enthousiasme reprit ses droits.


Moralité : à défaut de savoir gérer la taille de mes récits, je sais au moins rebondir !

Les paroles du Maître

En l'occurrence, du maître du suspense. Je ne le nomme pas, mais vous le reconnaîtrez forcément sur cette photo.


Cet auteur talentueux et prolifique est aussi, à mon sens, un excellent pédagogue. Il sait expliquer les petites ficelles de son métier, nous dire ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, et synthétiser ce qu'il a appris. Car qu'on ne s'y trompe pas, King n'est pas un auteur qui a bénéficié de copinages pour percer dans le monde de la littérature. C'est un enfant des classes moyennes américaines, sans rang ni blason, qui a galéré comme l'immense majorité des auteurs débutants avant de percer et d'être remarqué.

Si ce n'est pas encore fait, je ne peux que vous conseiller très vivement d'acheter son essai "Ecriture : mémoires d'un métier". Le prix de 6,60€ en poche est accessible à toutes les bourses, donc ne venez pas me servir cette excuse-là pour ne pas le faire !



En attendant, une petite synthèse de quelques-uns de ses conseils est disponible ce site très intéressant... Mais attention : il dit bien plus dans son livre que ce que ces quelques lignes synthétisent. Considérez-ça comme un échantillon :)


mardi 3 juin 2014

Des nouvelles au roman

Je suis en train de rédiger ma dixième nouvelle depuis le mois de Novembre 2013, et pour tout dire, je ne m’en lasse pas. J’adore créer ces petites histoires, j’essaye de les rendre croquantes comme des friandises, pour qu’on ait envie de piocher dans le paquet en se disant « allez, une de plus et j’arrête. » 

Pourtant, à la base, quand je me suis inscrit sur le forum Cocyclics, j’avais pour projet de travailler des romans. J’ai vite compris que j’avais beaucoup de progrès à faire dans de nombreux domaines. L’aide des grenouilles qui peuplent la Mare a été plus que précieuse pour moi, et c’est ce qui m’a incité à revenir sur des récits plus courts. J’avais déjà écrit quelques nouvelles dans les années 90, sans jamais les faire sortir du cadre de notre petit groupe d’amis et j’en gardais de bons souvenirs. 

Une nouvelle, ça va vite, il y en a quelques unes pour lesquelles j’ai écrit le premier jet en moins de deux heures. Ça se corrige vite également, je peux faire plusieurs versions, chacune étant (logiquement) un peu meilleure que la précédente. Jusqu’à ce que j’arrive à une version qui me semble suffisamment aboutie pour la considérer comme finale. 

J’ai vraiment beaucoup appris avec ces récits courts, je me sens à mon aise sur ce format. Mais je ne veux pas perdre de vue mon objectif initial, qui est d’écrire des romans. J’en ai plusieurs en projets, dont un qui est bien mûr, et n’attend que d’être rédigé. 

Je pense que ce que j’ai appris sur des récits courts va me servir, mais le roman est un autre type d’exercice. Ici on ne cherche pas l’impact à tout prix, on prend le temps de développer les personnages, les lieux, on pose le décor de façon moins succincte… J’ai un peu perdu l’habitude d’écrire comme ça, mais je crois que ça va revenir. De toute façon, il faudra bien ;) 

Par contre, entre deux premiers jets de roman, ou entre deux phases, longues et éprouvantes, de corrections de roman, je reviendrai aux nouvelles.