mercredi 23 décembre 2015

Projets pour 2016

Après mon bilan de l'année 2015, voilà mes projets pour 2016. Je préfère parler de projets que de résolutions ou d'objectifs. Les résolutions, par expérience personnelle, ça ne tient pas la durée. Quant au terme "objectifs", il sonne trop professionnel à mes oreilles, il me rappelle le boulot. Beurk, donc :) 

En revanche, le terme "projets" a un sens plus positif à mon goût. Il laisse aussi de la place pour quelque chose qui arrive tout le temps : les imprévus. Forcément, quand on ne vit pas de sa plume - et comme dans notre pays, le revenu universel n'est pas au menu - on offre à l'écriture le temps qu'on peut, pas celui qu'on veut.

Bref, assez tergiversé, entrons dans le vif du sujet.

Des romans avant tout.


Je me suis remis à l'écriture avec des nouvelles. Plus courtes, elles permettent de se tester, d'expérimenter divers registres, différents modes de narration. Sans compter que j'aime bien en écrire, tout simplement.
Aujourd'hui, Muse me souffle essentiellement des idées de roman et je ne tiens pas à la contrarier. Elle aura toujours le dernier mot, la lutte est vaine.
Mon premier projet est de finir le cycle d'Essence d'Asphalte. Il me reste à finir la vague de correction en cours, confier la nouvelle mouture à de nouveaux bêta-lecteurs et accomplir une dernière vague de correction. En principe, cette ultime vague devrait être axée sur la forme, même si des ajustements sur le fond ne sont jamais à exclure. J'ai commencé à écrire ce roman en juin 2014 (tout ce temps, déjà !). J'aimerais finir les corrections et avoir un manuscrit prêt pour juin 2016. 

L'an dernier, j'ai aussi été contrarié dans mes projets de nouveaux romans. Ce ne sont pas les idées qui me manquent en la matière ! Non, c'est juste une question de temps dont je n'ai pas pu disposer, ou de motivation (entre juin et septembre 2015, vous comprendrez ça en lisant mon bilan 2015). Il n'empêche que ça me démange de plus en plus. 
Je me soumet toutefois à une contrainte, presque un luxe que je peux m'offrir. Quand j'entame un premier jet, je ne veux pas m'interrompre. Mon rythme d'écriture me permet d'envisager l'écriture d'un roman de 500K SEC en 10 semaines sans forcer. Pendant tout ce temps, je ne veux rien avoir à faire d'autre, pour permettre à ce premier jet d'être aussi riche et vivant que possible.
J'espère pouvoir en écrire un entre l'hiver et le printemps 2016, puis un second cet été. 

Quelques nouvelles en bonus.


Certaines nouvelles que j'ai écrites ne sont pas encore publiées. Il faudra que je les relise, afin d'évaluer le travail qu'il faut fournir pour les améliorer. J'aimerais trouver des Appels à Texte qui leur correspondent, mais ce n'est jamais simple. 
Idéalement, j'aimerais en écrire quelques autres. Disons quatre sur l'année, soit une par trimestre. Mais cela reste un bonus, cette année, les nouvelles ne seront pas ma priorité. 

Bêta-lire d'autres auteurs.

 Merci edelweiss-du-gwendir.blogspot.com pour l'image :)
 

La moindre des choses ! C'est grâce à l'aide que j'ai reçu que mon écriture s'est améliorée. Aujourd'hui, je pense pouvoir être utile aux autres, les aider à mon tour. Sans oublier que j'aime bêta-lire, c'est un bel exercice d'échange de connaissances. Essayez, vous verrez qu'on y prend vite goût :)

"Et puis l'année d'après, je recommencerai..."



La citation des paroles de Daniel Balavoine (Le Chanteur) s'arrête là. Non, non, n'insistez pas, je ne me prostituerai pas pour la postérité !
J'aimerais m'installer dans un rythme d'écriture de deux romans par an. Je parle bien de deux premiers jets, pas de deux romans corrigés et prêts à être proposés à des éditeurs. Vu le travail que cela représente, c'est tout de suite plus long.
Mais j'ai une idée du roulement que je pourrais organiser. Imaginons que j'ai deux premiers jets finis dans mes tiroirs. Le premier (on va l'appeler R1) est fini depuis plusieurs mois. Le second (R2) vient d'être achevé.
Je peux reprendre R1 et le corriger, pendant que je laisse R2 reposer. Une fois ces corrections finies, j'écris un nouveau roman (R3). Puis, je reprends R2 pour le corriger à son tour. Lorsque j'ai fini, si besoin, je reprends R1 pour une nouvelle vague de corrections avant d'attaquer R4. Et ainsi de suite, jusqu'à épuisement de mes idées (qui ont tendance à se reconstituer plus vite que je ne les épuise. Merci Muse ! ) Entre-temps, je m'autorise des pauses, pour aider d'autres auteurs et travailler avec eux sur leurs projets.
Bien sûr, ça reste un schéma idéal, une hypothèse de travail. Avec le temps et l'expérience, je verrai si ce roulement est réalisable ou si je rêve en couleurs.


Et vous, vous prévoyez quoi pour 2016 ?


mardi 22 décembre 2015

Bilan 2015 : correct, mais peut mieux faire.

Ce n'est certes pas avec cet article que je recueillerai la palme de l'originalité, n'est-ce pas ? Mais que voulez-vous, chers lecteurs, le bilan de l'année écoulée est une tradition, au même titre que les Saturnales - transformées en Noël depuis quelques siècles - ou que le réveillon de la saint-sylvestre.

Sans compter que cet exercice est utile. Un point de passage permet toujours de remettre les choses à plat, de voir ce qui fonctionne, ce qui doit être amélioré et ce qu'on peut conserver.

 


L'année 2015 avait commencé sous de bons auspices. Je m'acharnais à corriger Essence d'Asphalte du mieux que je pouvais, suite aux retours reçus par mes deux adorables marraines. Je me suis ensuite mis à hésiter un peu, à attendre avant de passer à l'épate suivante. Il s'agissait de soumettre cette ébauche de roman au regard de quelques dizaines de bêta-lecteurs expérimentés, dans le but d'entamer un nouveau cycle de corrections. En langage cocyclien, ça s'appelle "le cycle de bêta-lecture". 
Il me fallut d'abord m'affranchir de la redoutable épreuve du synopsis. Ou comment démonter en une page tous les beaux mécanismes qu'on a pris tant de soin à échafauder et camoufler. La première tentative fut un lamentable échec, comme prévu. L'aide des grenouilles me fut indispensable pour créer un synopsis qui révèle vraiment mon histoire et la rende intelligible.
Lorsque février fut venu, je me jetai à l'eau, en espérant que le précipice ne soit pas trop profond. Un cycle peut apprendre beaucoup de choses à un auteur, lui permet de prendre de la hauteur par rapport à son texte. Mais l'acceptation n'est pas automatique. La confiance que j'avais pu emmagasiner suite aux retours, globalement positifs, de mes marraines s'est vite effiloché sous le poids de la pression. Je ne sais pas comment j'aurais vécu un refus. Sans doute mal, peut-être très mal, voire excessivement mal. 



Fort heureusement, je ne vis pas passer le mois qui séparait ma requête de son verdict. Outre de nombreuses nouvelles à travailler avant parution, ou pour soumission, j'avais un déménagement à préparer. Le mois passa donc vite, ce qui ne m'empêcha pas de trembler, de temps en temps. 
Le conclusion fut heureuse. Deux adorables bêta-lectrices acceptaient de se pencher sur mon ébauche, de le disséquer sous toutes ses coutures, de l'analyser sous tous ses angles. Là encore, mes craintes ne furent pas vraiment justifiées. J'avais connaissance de ce qui ne fonctionnait pas, en fait. Ce que j'ignorais, c'est que malgré l’opiniâtreté de mes efforts pour les masquer, ces défauts restaient très visibles. 
Je me fis au passage un nouvel ennemi : le DEM. Deux Ex Machina. Traduisez : la-grosse-ficelle-scénaristique-dont-on-pense-qu-elle-est-invisible-mais-qui-est-aussi-flagrante-que-ridicule. Oui, il y avait des DEM dans Essence d'Asphalte. Je partis donc en croisade, décidé à éradiquer ces disgracieux furoncles de mon beau récit.

 Vous vous attendiez à ce que j'illustre le furoncle ? Perdu :)

Puis, les nouvelles me jouèrent un vilain tour. J'avais mis beaucoup d'espoir et de motivation dans l'une d'elles, en visant la publication dans une anthologie qui me tenait à cœur. Lorsque je reçus le refus de l'anthologiste, via un mail type, ma confiance en moi s'effondra. 2015 a été une mauvaise année pour les nouvelles, au contraire de 2014 qui fut plutôt bonne. Il faut dire que j'ai soumis mes récits à des publications bien plus importantes et convoitées. La concurrence y est plus âpre, les refus plus fréquents. Mais ce refus-ci fut sans doute celui de trop.

S'en suivirent plus de trois mois de cessation d'activité littéraire. Je me consacrai à mon beau jardin, à me reposer, à reprendre le sport. Je n'ai ni lu ni écrit jusqu'au mois de septembre et je ne serai pas étonné que certain(e)s aient pu croire que je ne reviendrai pas. En 2014, je m'étais déjà accordé quelques courtes pauses. J'ai le souvenir d'un break de deux semaines, pendant la rédaction d'Essence d'Asphalte. Mais c'était différent, cette fois. Je n'étais pas fatigué, mais démotivé. J'avais besoin de prendre le large. Mon retour à la plume était une évidence, j'ai beaucoup trop travaillé pour abandonner maintenant. En revanche, deux semaines n'auraient pas été suffisantes. Quelque part dans un recoin de mon cerveau, le mois de septembre s'est imposé pour que je m'y remette. Pourquoi ? Peut-être parce que c'est le mois de la rentrée, allez savoir.

 Non, mon repos ne fut pas aussi idyllique. Je n'ai pas la mer dans mon jardin ^^

Et je suis revenu. À un rythme coulé, tranquille, et sans m'éparpiller entre nouvelles et roman. Je suis un mâle, avec une cervelle de mâle, ce qui m'impose de n'accomplir qu'une tâche à la fois. Je me suis donc exclusivement consacré à Essence d'Asphalte et à une nouvelle phase de corrections depuis mon retour. Le roman est en train de changer de visage, de s'approfondir, de s'expurger de bon nombre d'erreurs ou d'approximations. Reste à voir si, en réécrivant, je ne commets pas d'autres impairs. Le chapitre 41 est tombé ce matin. Il m'en reste au moins une vingtaine, peut-être un peu plus, avant d'achever ce travail, tout à la fois passionnant et épuisant. J'aurais voulu finir pour fin décembre, mais ce ne sera pas possible. Fin janvier, probablement. 

Ce qui nous amène, tout naturellement, à l'année à venir. Bien sûr, j'ai des idées, des projets, des envies pour 2016. Mais je vous en parlerai dans un prochain post :) 







samedi 12 décembre 2015

Ne plus écrire en "tell"

Quand j'ai débarqué sur le forum Cocyclics, une des premières choses dont on m'ait parlé, c'est la différence entre le "show" et le "tell".
Pour être plus précis, je ne sais plus quel membre du forum m'a signalé, à propos d'un passage assez long d'une de mes nouvelles de l'époque, que c'était très "tell".
Tell, rien à voir avec Guillaume, j'imagine. me suis-je dit.
Pour autant, impossible de comprendre intuitivement ce que cette chère grenouille voulait me signifier.

Non, on ne parle pas de ce "Tell" là :) 


Le Tell et le Show sont très bien expliqués par de grands auteurs, parmi lesquels mon mentor, Stephen King. Je ne vous citerai pas ses propos, parce qu'ils sont en anglais. Et aussi et surtout parce que je n'arrive plus à mettre la main sur l'article, lu récemment, dans lequel il en parle. Mais je peux vous traduire son propos et sa pensée.
Il dit qu'il ne veut pas qu'on lui raconte (tell) une histoire, mais qu'on lui montre (show) ce qui se passe. 
Toute la différence va donc être dans la forme plutôt que dans le contenu. Par exemple, au lieu de raconter (tell) que ces deux hommes se sont retrouvés au bar du coin et ont longuement discuté en sirotant quelques bières sur le meilleur moyen d'entrer dans cette luxueuse demeure sans déclencher tout l'attirail de sécurité qui la protège, vous pouvez faire vivre (show) leur conversation.




Quand j'évoque le Tell et le Show, je sais qu'il y a des gens sceptiques. Laissez-moi, chers sceptiques, tenter de vous convaincre de l'intérêt de montrer tout ce qui est possible dans un récit, et de reléguer le "tell" a quelques passages occasionnels.

Dans l'exemple de nos deux cambrioleurs, si vous racontez leur discussion, le contenu va être très synthétique. Vous allez sans doute nous expliquer que Tom était convaincu que sa méthode était la bonne, tandis que Fred n'y croyait pas vraiment. Que Tom a dû longuement insister, développer tout un tas d'argument pour convaincre Fred. Finalement, c'est l'envie de pénétrer dans cette luxueuse demeure, un vieux rêve inassouvi de Fred, qui l'a convaincu d'accompagner Tom. Quant à son plan boiteux, il pense pouvoir le faire changer lorsqu'ils seront sur place.

Voilà, ça, c'est du tell. On se fait une idée de l'état d'esprit des deux protagonistes, de leurs motivations, mais ça reste très superficiel. 

Ce serait beaucoup plus vivant de nous faire vivre ce dialogue. On ferait plus ample connaissance avec les deux personnages, on les verrait sourire, grimacer, hausser les sourcils, on pourrait partager la discussion avec eux en s'asseyant sur la tabouret d'à côté, plutôt que de lire un compte-rendu.
Mieux : en show, l'auteur n'a pas à expliquer que Tom insiste. On le lit dans le texte. Idem pour l'envie dévorant de Fred de rentrer dans cette maison. À cette seule idée, son regard pétille et il se pince les lèvres. Il ne peut pas cacher ça à Tom. Mais finalement, Tom n'en profite pas. Tom n'est pas certain de bien comprendre ces indices non-verbaux. En revanche, il sent que c'est le moment pour lui de se taire, de laisser Fred monter en sauce tout seul comme un grand. Et c'est le moment pour l'auteur de nous immerger dans les pensées de Fred, de le faire parler à la première personne en italique.
Sans compter qu'on va rester dans ce bar pendant un certain temps. On va voir ce que les personnages voient, sentir ce qu'ils reniflent, entendre la voix cassée de grave du patron, ce type chauve à la moustache dessinée et sculptée au gel, avec ses tatouages bleus sur les avant-bras et son improbable nœud papillon. 

Le même en plus épais, tatoué, chemise noire et nœud papillon blanc. 

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais, au moins sur le papier, je préfères mille fois le deuxième version. Je n'irai pas jusqu'à écrire ce dialogue, ce serait effroyablement prétentieux de ma part. Je ne pense pas avoir assez de talent pour me livrer à ce genre de démonstration.
Toutefois, avec cette ébauche de "Show", je laisse sentir ma patte. C'est toujours plus facile d'imprimer son style, dans une scène en show que dans un passage en Tell. Tout ressort mieux, de manière plus vivante, chaque personnage amène son caractère. En comparaison, le Tell est plus terne. Le vocabulaire variera d'un auteur à l'autre, bien entendu. Mais c'est à peu près tout ce qui pourra changer. Parce que le Tell, en fin de compte, est un exercice didactique. C'est un résumé, il obéit donc à des règles, qui sont autant de points de passages obligatoires. Le Tell enferme l'auteur, alors que le Show le libère.

Alors pourquoi choisir le Tell ? 
Imaginons que notre discussion dans un bar soit une scène centrale du récit. Celle qui détermine le passage à l'acte de Tom à Fred, un moment charnière. Ce postulat interdit de passer la scène en Tell "parce qu'elle n'est pas importante". Non, on ne fait pas d'ellipse dans des moments aussi cruciaux.
Il me semble que le Tell, avec toutes ses privations et ses points à respecter, est sécurisant. C'est balisé, on ne peut pas s'y perdre. 
Je reconnais bien volontiers qu'écrire un dialogue, ça peut faire peur. Car il ne s'agit pas d'aligner les répliques en rang d'oignon. Non. Il faut donner une voix aux personnages, une contenance. Il faut aussi, pour les rendre aussi humain que vous et moi, qu'ils aient des mimiques. Parfois, ils ne diront pas tout ce qu'ils pensant. Ou ne penseront pas tout ce qu'ils disent. Fred sera peut-être distrait par le reflet dans le grand miroir du comptoir qui révèle la superbe brune, assise toute seule et qui ne décolle pas les yeux de la fenêtre. Le gros barman à la moustache d'un autre temps incitera peut-être Tom a parler moins fort, car il aura l'impression qu'il les écoute avec attention en essuyant ses verres. 
Voilà plusieurs détails qui vont rendre la scène vraisemblable, mais à incorporer en quelques pages seulement. C'est très intimidant !
Alors, on peut choisir le casque intégral, la combinaison en kevlar. C'est moche, inconfortable et même étouffant, mais ça donne une sensation de sécurité. 
Ouais.



Mais le jour où il ne s'agira plus simplement de faire du vélo, mais d'enfourcher une grosse bécane, - disons, montrer une fusillade entre Tom et Fred d'un côté et les flics de l'autre, tout en faisant partager leurs émotions et leurs propos, car bien sûr, vous n'escomptez pas nous mettre une scène pareille à la sauce Tell, c'est-ce pas ? - qu'est-ce que vous allez faire ? Déjà, les roulettes, on oublie. Le casque et le kevlar vous les aviez déjà. Vous rajouterez quoi pour vous sentir en sécurité ? Un exosquelette en titane ? L'armure d'Iron Man ?

Oui, au début, quand on fait du show, on se plante. Les dialogues ne sont pas au point, les répliques artificielles, les personnages un peu crispés, caricaturaux. Normal, c'est le début. Eddie Merckx est tombé de sa scelle un paquet de fois avant de réussir à gagner des courses cyclistes. Oui, une chute, ça pique un peu. Mais on s'en relève, on soigne la plaie et on y retourne, fort d'un enseignement supplémentaire.

J'ai remarqué ces jours-ci, en corrigeant Essence d'Asphalte, que je ne parviens plus à écrire plus de quelques lignes en Tell. Je m'ennuie en Tell ! Je peine à aligner les mots, en me disant sans cesse "mais qu'est-ce que je peux faire pour donner de la vie à ce pavé indigeste ?"
Une seule solution : me débrouiller pour passer en show. Là, enfin, je respire, je m'amuse, je me fais plaisir en écrivant. C'est grisant, le show ! Les cheveux au vent et le grognement du moteur dans les oreilles, parce que non, sur les routes littéraires, le porte du casque n'est pas obligatoire. 



Et vous, plutôt show ou plutôt tell ?

lundi 16 novembre 2015

À la Londonienne

On dit de moi, à raison, que je suis quelqu'un de franc. Je ne mâche pas mes mots quand je m'exprime, tout en essayant de rester subtil et nuancé. La plupart du temps, je regarde ce monde avec sévérité, car il m'offre de nombreuses sources d'insatisfaction, voire de colère. Ce que je refuse, c'est de ne pas comprendre. Quand un concept m'échappe, qu'il me semble totalement absurde, je creuse, jusqu'à ce que je finisse par en capter la logique, parce qu'il y en a toujours une. Lorsque j'ai compris, j'essaye de réagir en conséquence.

C'est pour ça qu'on ne m'a pas entendu du week-end, malgré ce qui s'est passé. D'ailleurs, vous constaterez que je ne vais pas directement réagir à ça, mais plutôt vous expliquer pourquoi je ne le fais pas. Agnès Marot, sur son blog, l'exprime bien mieux que moi : tout a été dit. 

Mais au-delà de ce fait, il faut se placer du côté de l'adversaire, comprendre ce qu'il veut. Il veut faire parler, forcément. Parler, hurler, crier pleurer, choquer, outrer, scandaliser, frustrer. Le sachant, je ne lui donnerai rien de tout ça. 
Je préfère réagir, comme l'exprime l'intitulé de cet article, "à la londonienne". 

Pour comprendre cette référence, il faut revenir à la seconde guerre mondiale. Plus précisément, à l'époque où la Luftwaffe bombardait sans relâche la capitale britannique. Vous avez sans doute déjà vu des extraits de l'époque, et l'incroyable réaction des londoniens. Sitôt que les sirènes d'alerte se taisaient, ils reprenaient le cours normal de leur vie. Comme s'ils venaient juste de s'abriter d'une grosse averse, et que la pluie cessant, ils reprenaient leur marche. S'ils avaient peur, s'ils étaient furieux, s'ils étaient tristes, ils n'en montraient rien, refusant de concéder la victoire morale à leurs adversaires. 
Tant et si bien que le Führer, découragé, finit par abandonner ses bombardements. Certes, il y a eu entre-temps le téméraire bombardement de Berlin par la R.A.F. Mais l'impact moral a joué un rôle très important, les historiens qui se sont penchés sur cette époque - et ils sont nombreux - vous le diront mieux que moi.

Alors, au risque de paraître glacial, je ne dirai rien. Je continuerai à vivre, comme chaque jour, en restant aussi calme que possible. Les yeux grands ouverts, mais la bouche fermée.

vendredi 6 novembre 2015

J'ai lu : Les Arcanes du Chaos de Maxime Chattam.



Célibataire parisienne sans histoires, Yael est loin de se douter qu'il existe des secrets qui mettent en danger ceux qui les découvrent. Le jour où des ombres apparaissent dans ses miroirs pour lui parler codes secrets et sectes millénaires, elle se croit folle ou possédée.
Projetée dans un jeu de piste infernal, pourchassée par des tueurs, Yael se trouve au coeur d'une lutte ancestrale. Et si l'histoire n'était que manipulation ?


Cela faisait quelques temps que je me demandais à quoi ressemblait la plume de Maxime Chattam. J'en avais entendu beaucoup de bien. La liste de ses romans commencer à être longue, je ne savais pas bien par où commencer. En général, pour découvrir un auteur, j'aime bien un stand-alone. Juste au cas où je serais déçu.
Le 4ème de couverture des Arcanes du Chaos m'a parlé, je l'ai donc entamé avec un certain enthousiasme. 
Rapidement, la plume de l'auteur m'a convaincue. Ses personnages sont intéressants, fouillés, crédibles. Il a un très bon style, qui sait mettre en lumière les détails, donner vie à ses décors et plonger le lecteur dans son univers. Yael est une jeune femme assez ordinaire, mais suffisamment singulière pour être attachante. On la suit dans sa vie quotidienne qui ne tarde pas à basculer. 
Thomas, reporter international, vient habilement compléter Yael. Grâce à lui, les mystères se révèlent, car sans ses connaissances, on ne pourrait que rester en surface des événements. J'ai beaucoup apprécié la plongée dans les souterrains de Paris, le réalisme des scènes et le rythme qui s'installait. Du tout bon, avec en incrustation, des citations du blog d'un certain Kamel Nasir, qui nous immerge dans un univers de complot permanent et fausses apparences. 

Tout allait bien jusqu'à l'entrée en scène de Kamel Nasir, en chair et en os, et plus simplement en blog. Le personnage en lui-même est très peu caractérisé. On sent très vite qu'il n'est pas là pour exister, mais pour le rôle qu'il doit remplir, aider les deux personnages principaux. Il est transparent comme l'eau claire, et surtout, extrêmement prolixe. 
Les propos qu'il tient, toujours sur la théorie du complot et son fonctionnement, sont plutôt intéressants. Mais au bout d'un moment, je ne savais plus ce que je lisais. Un roman ? Un essai sur la manipulation des masses par une élite ? Le rythme est retombé lourdement, noyé dans des considérations certes intéressantes, mais de prime abord trop poussées. J'ai eu l'impression que l'auteur, qui a dû faire beaucoup de recherches pour écrire son roman, s'est senti obligé de les partager avec son lecteur. De gré ou de force.
Malgré tout, l'intrigue continue de se tisser, les mystères s'éclairent à mesure que d'autres énigmes apparaissent. En cela, les idées de Maxime Chattam sont très bonnes, et c'est ce qui m'a motivé à poursuivre ma lecture. Je me demandais quand même où il voulait m'emmener avec tout ça.

Arrivent alors des tueurs, hommes de main, nettoyeur, appelez-les comme vous voulez. À quelques occasions, l'auteur en fait des personnages de point de vue. Là encore, je regrette que ces personnages soient cantonnés à ce qu'ils représentent dans l'histoire. Ils sont sans épaisseur, sans particularité et laissent indifférent. D'autant que leur prise de parole n'est jamais indispensable à la bonne marche de l'histoire. Seul Yael et Thomas sont vraiment travaillés, les autres ne font que servir, mais donnent la sensation que toute cette histoire est vaste. De fait, elle l'est, et on voyage beaucoup. D'abord en France, puis en Suisse, avant de finir à New York.

Les pièces de l'ingénieux puzzle s'assemblent peu à peu, on y voit plus clair mais on ne devine jamais vraiment le fond de l'histoire. En cela, le roman est bien écrit. Malgré tout, j'ai relevé un détail choquant. 
Désolé chers lecteurs, mais je suis obligé de spoiler un peu le roman. Si vous ne l'avez pas lu et voulez vous épargner une petite révélation, je vous invite à sauter le passage suivant que je vais rédiger en italique.

La mort de Bonneviel est tout simplement inconcevable de la façon dont l'auteur la décrit. C'est un meurtre tout simple et habillement maquillé. Mais sachant l'importance, le poids et la puissance de Bonneviel, comment se fait-il qu'il ne soit pas mieux protégé, informé ? Surtout, sachant ce qu'il essaye de faire, comment penser qu'il n'a pas pris davantage de précautions ? C'est beaucoup trop facile, d'autant que sa mort est, à priori impromptue, improvisée. Yael va chez lui, au passage, hop, on le liquide, comme un simple quidam. Pire : sa mort en elle-même ne sert à rien. Tout ce qu'il fallait, c'est qu'il ne puisse pas parler directement à Yael. Le tuer ainsi le décrédibilise dangereusement, même si je comprends qu'il devienne une cible. 

Voilà, fin du spoiler.
On se retrouve donc, pour finir, à New York. Le voyage outre-atlantique se fait un peu attendre, car on comprend vite qu'il est inéluctable, on en fait que parler des états-unis depuis le début. Toutefois, l'auteur nous réserve une intéressante surprise finale, qu'on ne voit effectivement pas venir. De ce point de vue-là, c'est plutôt bien joué, mais ça ne rachète pas entièrement les nombreuses erreurs du roman.

D'abord, des personnages secondaires insipides. Ensuite un rythme qui, passé le premier tiers, cesse d'exister. Ça devient même très poussif malgré de bonnes scènes. Un gavage d'informations qui tourne trop à la répétition sur le même thème. J'ajouterai la partie que j'ai mise en italique, vous pourrez y revenir si vous lisez le roman. Au final, de bonnes idées, de quoi faire un roman très exaltant, mais un potentiel en grande partie gâché par un travail insuffisant sur le schéma narratif. Sans être mauvais, ce roman me laisse une sensation amère, parce qu'au vu du début, je m'attendais à beaucoup mieux. Mais peut-être n'ai-je pas choisi le meilleur roman de Maxime Chattam. Je retenterai une prochaine fois, car je pense que l'auteur a beaucoup de qualités et doit pouvoir raconter une histoire de manière beaucoup plus prenante.

mardi 3 novembre 2015

C'est l'histoire d'un jardinier qui fait des plans !

Une des nombreuses choses qui me plaît dans mon activité d'auteur, c'est que j'en apprend sur moi-même en permanence. Quelques exemples :

1 - Je suis un fainéant, pur et dur. Partisan du moindre effort, je ne rechigne jamais à esquiver une tâche qui devrait m'incomber, ou a me contenter de dire que je ferai ça plus tard. Plus tard, c'est l'autre nom de Dieu pour les adeptes de la procrastination. À la maison, toutefois, c'est différent. On s'est reparti les tâches, de sorte à éviter que je cèdes à mes penchants naturels. Mais quand j'écris, je repousse les limites de la paresse. Je ne rechigne pas à me lever à 6h00 pour avoir le temps d'écrire, je peux passer une journée entière derrière l'écran pour achever un roman... Il n'y a guère qu'Antidote pour faire resurgir mes travers habituels. Et ne vous fatiguez pas à me faire la promotion de ce bel outil, vous prêcheriez un convaincu. N'empêche que sur plus de 100 pages de texte, utiliser Antidote est tout de même singulièrement rébarbatif.

Au cas où vous auriez un doute, non je ne suis pas la petite blonde. Ni le chat, d'ailleurs, l'image ne sert qu'à illustrer mon propos ;) (Crédits : Vents d'Ouest Éditeur.)


2 - Je suis aussi un bordélique en puissance. Qu'importe ordre, rangement et autres classements, tant que je m'y retrouve. Et même quand je ne m'y retrouve pas, d'ailleurs, puisqu'au pire, je peux toujours procrastiner ou esquiver la recherche d'un objet perdu. Non, je n'ai rien d'un Indiana Jones, désolé de vous décevoir. Je suis un adepte du chaos, un fervent adorateur de l'anarchie et j'aime défier les lois de la gravité. Quand j'écris, c'est pareil ! Dès que j'ai un bout d'idée, je me lance. Peu importe que ce soit un début, un milieu ou une fin. D'ailleurs, ce n'est jamais une fin. Je ne connais quasiment jamais à l'avance la fin de mes propres histoires. Bien sûr, au fil du récit, il faut injecter une juste dose de cohérence pour que l'ensemble tienne debout. Qu'à cela ne tienne ! On improvise, on s'adapte et on domine l'obstacle. Mais j'ai découvert tout récemment ma capacité à faire un plan. J'en suis encore tout retourné, sachez-le bien. L'équivalent émotionnel de la découverte de rondeur de notre planète pour un partisan de la terre plate. 

Et je ne suis pas non plus ce félin ventru. Z'arrêtez de dires des âneries, oui ?


Remettons les choses dans leur contexte, ce sera plus clair pour vous. Jusqu'à présent, je m'étais adonné à deux formes de joie dans le cadre de la création d'un roman. L'écriture du premier jet, et la réécriture complète d'un premier jet. Quant à ne corriger que certaines parties, afin de conserver ce qui est bon dans un premier jet tout en supprimant ce qui ne fonctionne pas, ça ne m'était jamais arrivé. Mais voilà, pour Essence d'Asphalte, j'ai dû faire un tri. Je me retrouvais avec quelques chapitres exploitables, qu'il eût été dommage de jeter, quelques autres qui doivent disparaître et, pour corser le tout, des bouts d'histoire à rajouter. Comme un puzzle auquel on retirerait des pièces pour les remplacer par d'autres, afin de créer une nouvelle image.

Fidèle à moi-même, j'ai d'abord voulu minimiser. Après tout, ce n'était peut-être pas la peine de réécrire cette scène ou, comme par hasard, l'amie du héros croise au coin de la rue l'adolescente qu'il cherche. Mais non ce n'est pas un gros Deus Ex Machina, tout au plus un coup de chance... Non ?
Bon, d'accord, c'est trop gros. Je me suis donc résolu, tant bien que mal, à faire le ménage dans ces scènes qui coincent, ces petites facilités scénaristiques qui n'ont pas le bon goût de passer totalement inaperçues. 
Et impossible d'improviser, si je veux que tous les éléments s'emboîtent parfaitement les uns dans les autres. Alors, j'ai planifié. J'ai annoté chaque chapitre, pour savoir quoi en faire. supprimer, garder ou modifier. Et j'ai même poussé le vice jusqu'à faire un synopsis de travail pour les nouveaux chapitres que je vais intercaler. 

Voici ce qu'on appelle un mapping. Et non, ce n'est toujours pas de moi ! C'est celui de Roanne, qu'elle a exposé sur son blog http://plumes-sauvages.blogspot.fr/ dans un article très intéressant que je vous conseille de lire :) 


Tout cela semble prometteur. Il ne devrait pas y avoir trop d'accroc, en tout cas rien que je ne puisse raccommoder facilement. Et pourtant, pas moyen de me mettre à ces sacrées corrections ! Est-ce cette nouvelle méthode de travail qui perturbe mes méninges ? Ne suis-je définitivement pas fait pour la subtilité d'une correction partielle ? Ou est-ce que, tout simplement, il faut que je me donne un grand coup de talon aux fesses pour m'y mettre ?



La réponse bientôt, j'espère ;) 

lundi 2 novembre 2015

J'ai lu : Le Roi Des Fauves par Aurélie Wellenstein.

Cette superbe couverture est signée Aurélien Police.


Accusés de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont injustement condamnées à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruine, coupés du monde, il leur reste sept jours d'humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu'on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstre, en berserkirs, ces hommes-bêtes enragés destinés seulement à tuer ou être tués. Commence alors une course contre le temps, effrénée, angoissante, où les amis d'hier devront rester forts et soudés, pour lutter contre les autres... et surtout contre la bête qui grandit en eux. 
Existe-t-il une issue ? Existe-t-il un salut quand son pire ennemi n'est autre que soi-même ?



Voilà bien longtemps que je n'avais pas lu un roman de fantasy. Le dernier en date était "Les Derniers Parfaits", de Paul Beorn, que je vous conseille au passage.
L'analogie s'arrête ici. Hormis le registre, les deux romans n'ont rien à voir. Aurélie Wellenstein n'a jamais fait mystère de son penchant pour les univers sombres et torturés. Mais s'agissant d'un roman destiné aux jeunes adultes, je me demandais si l'auteur n'avait pas dû brider sa plume, prompte à nous plonger dans des ambiances cauchemardesques.

Fort heureusement, il n'en est rien ! Les jeunes gens qui sont le lectorat cible de Scrineo ont intérêt à avoir l'estomac bien accroché. Passé une introduction courte et efficace, qui nous plonge dans ce monde où l'équité n'a pas encore été inventée, un système médiéval assez simple à comprendre et tout à fait réaliste, Aurélie nous plonge dans l'angoisse. Cette attente est bienvenue, elle permet de faire plus ample connaissance avec les protagonistes et déjà de s'attacher à leur sort.

Sans rien révéler de l'histoire, car je ne veux pas vous spoiler, je peux vous dire qu'elle est bien amenée. Les trois héros, Ivar, Kaya et Oswald sont convaincants, bien à leur place de jeunes gens pas encore adultes, confrontés à une réalité dont ils ignoraient tout. J'ai beaucoup aimé Ivar, son courage mêlé d'une certaine maladresse en fait un personnage très plaisant à suivre. Oswald m'a plu par son humour noir et ses efforts pour masquer ses faiblesses. Quant à Kaya, elle reste mon personnage préféré dans cette histoire. J'adore son caractère, qu'on découvre au fil des pages sous l'e regard d'Ivar, seul personnage de point de vue du roman. Mention spéciale pour le jeune Jarl, à la fois admirable par sa ténacité et exécrable dans son attitude. Un personnage comme on aime les détester.


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La couverture, vue dans son intégralité, aussi réussie que le roman qu'elle illustre.


Dès que les trois jeunes gens se retrouvent dans le Hadarfell, les événements se bousculent. Il y a d'abord ce mythe, institué par l'auteur, auquel j'ai mis du temps à croire. J'ai longtemps pensé à un piège, une simple chimère créée de toutes pièces dans un but de contrôle, de domination. Mais l'auteur m'a pris par surprise, une fois encore, en donnant vie à cette croyance, mais aussi en lui donnant un contre-pouvoir tout aussi effroyable. C'est que le Hadarfell a une histoire tourmentée, on la découvre à mesure que les jours s'écoulent, et que les Lehrings produisent leur effet. Et ceux-ci sont impressionnants, plongeant les trois amis dans les abîmes de leur propre esprit. La part d'humanité de chacun d'eux s'amenuise, laissant place à la bête qui sommeille en eux. L'ambiance devient plus pesante, le stress monte et les jours s'écoulent très vite. Le style fluide et percutant d'Aurélie fait merveille et nous immerge totalement dans les ténèbres de cette forêt obscure, chevillés au destin des trois adolescents dans ce monde dur et parfois sanglant.

L'influence de la magie, noire de préférence, est incontestable mais bien dosée. De telles puissances pourraient réduire les personnages à l'état de pantins, pourtant ils luttent et conservent toujours une part de conscience en eux, même aux pires moments. Les sentiments qu'ils développent sont puissants, parfois contradictoires et touchent le lecteur en plein fouet. C'est aussi à ça qu'on reconnaît un très bon roman : on le vit autant qu'on le lit. 

Vient alors le moment de découvrir ce qui se cache derrière le titre de cet excellent roman, le Roi des Fauves. À nouveau, je ne veux rien vous révéler de l'intrigue. Elle est bien tissée, mêlant de façon habile ce à quoi on s'attend depuis que ce personnage étrange est évoqué, et quelques surprises bien amenées, qui font toute la différence. Quant à la fin de l'histoire, elle est à la hauteur du roman, étonnante, décapante et sans concession. 

La reine des fauves et ses récompenses :) 


On dévore les 284 pages de cette histoire avec un vrai plaisir, on sombre dans la noirceur du Hadarfell en se demandant comment on peut en revenir. Au-delà de l'histoire principale, mise en lumière par le 4ème de couverture, on découvre un royaume avec ses légendes, son passé et ses conséquences. La plume habile d'Aurélie Wellenstein amène tous ces éléments petit à petit, sans jamais nous laisser le temps de nous ennuyer. Une vraie réussite, qui mérite amplement son prix des Halliennales 2015 et, je l'espère, quelques autres dans l'avenir.